[ÉDITO] Service militaire volontaire : Macron en fanfare !
Si Emmanuel Macron avait fait son service militaire, il aurait pu être de la fanfare du régiment. Trompette ou tambour ? On hésite. Ce 27 novembre, le chef des armées était donc sur la base de Varces, près de Grenoble. Au sein de la prestigieuse 27e brigade d’infanterie de montagne, héritière de l’armée des Alpes, cette armée invaincue en 1940 et qui fut un vivier d’authentiques résistants dans les années qui suivirent. Qui ne connaît pas le nom du lieutenant Tom Morel, officier du 27e bataillon de chasseurs alpins, tué au maquis des Glières en 1944 ? C’est donc au cœur de ces troupes alpines, plus que toutes autres troupes, profondément enracinées dans leur « territoire », qu’Emmanuel Macron a tracé les contours du futur service militaire volontaire. Plutôt bien vu, il faut bien le reconnaître. Cette armée des Alpes avait pour devise « On ne passe pas ». On ne passe pas la frontière qui, là haut, sur la crête, épouse le relief et rappelle qu'ici, c'est la France. Cette frontière, notion honnie de la Macronie.
Macron nous surprendra toujours...
Jamais, sans doute, dans ses innombrables discours, Macron n’avait autant parlé de patrie et de nation. Citons-le : « capacité de résistance de notre nation », « au cœur de la nation », « esprit de résistance de la nation », « notre nation », « grandeur de la nation », « mobilisation de la nation »… Et d’en appeler à « la jeunesse de France » comme au bon vieux temps, d’invoquer « la grande tradition française de l'engagement ». Bref, un discours qu’un gauchiste qualifierait de « franchouillard » et qui tirera peut-être des larmes aux nostalgiques de la plus grande France ou au dernier carré des derniers macronistes. On se pince. Emmanuel Macron nous surprendra toujours par sa grande capacité à fondre son discours dans le paysage où il évolue. En zoologie, ce genre d’animal à sang froid a un nom.
Rassurer les mamans de France
En effet, curieusement, pas une seule fois le mot « Europe » n’apparaît dans ce discours. L’Europe, pourtant alpha et oméga du projet macronien depuis toujours, ne mobiliserait apparemment pas grand monde. Tiens, donc ! Constat que l’Europe (l’Union européenne) n’est pas mobilisatrice – puisque c’est bien de « mobilisation » qu’il s’agit. Ah bon ! Et donc, « le service national, c’est le territoire national, car c’est la mobilisation pour nous défendre », martèle Macron. On croyait tout cela obsolète, ringardisé, dépassé. Une façon, aussi, d’habiller les choses pour dire que les jeunes qui se porteront volontaires pour ce service n’auront pas vocation à servir ailleurs que sur le territoire national. « Nos jeunes, je le dis avec clarté, serviront sur le territoire national et uniquement sur le territoire national, c’est-à-dire, en métropole et dans nos Outre-mer. » Après les propos sidérants du général Mandon, il fallait bien rassurer les mamans de France. En creux, faut-il comprendre que les militaires d’active sont de la chair à canon ?
À ce sujet — Aux Glières, marquées par l’héroïsme du catholique Tom Morel, l’extrême gauche va animer le week-end
« Il nous aura fait perdre six ans ! »
Capacité de Macron à se fondre dans le paysage, disions-nous, c’est-à-dire à se camoufler - acte réflexe du combattant selon nos vieux règlements militaires, ce qui rappellera de vieux souvenirs à nos lecteurs qui ont « fait leur service ». Mieux : à camoufler. Camoufler un échec évident, patent, son échec personnel : celui du service national universel, torpillé, il y a quelques mois, par Lecornu, qui a mis fin à la plaisanterie. « Il nous aura fait perdre six ans ! », nous confiait un jeune officier, après l’annonce de Macron. Et, accessoirement, quelques centaines de millions d’euros. « Là où nous soutenions l'ambition d'un service national universel pour conforter la cohésion au sein d'une classe d'âge, l'accélération des crises, le durcissement des menaces me conduisent à proposer aujourd'hui un service national purement militaire qui, sans être universel, peut engager toute une génération. » Comment dire joliment en quelques mots enfilés comme des perles qu’on s’est planté dans les grandes largeurs avec ce SNU sans queue ni tête.
Courir derrière l'événement
Macron aurait lu le Livre blanc de la défense publié en 2013 et en aurait tiré les enseignements en matière de décisions à prendre sur le long terme, nous n’en serions pas aujourd’hui à courir derrière l’événement, comme il le fait en tête du peloton, histoire, d'ailleurs de continuer à exister ou à faire semblant d'exister dans le thalweg politique. Juste un extrait de ce Libre blanc qui a dû servir de cale-meuble à tout un tas d'experts conseillant nos gouvernements successifs, dont ceux de Macron : « Si, comme la France, aucun des pays européens ne se connaît aujourd’hui d’ennemi étatique déclaré, la possibilité d’une agression militaire directe contre un autre pays européen doit être prise en compte dans l’éventail des risques et menaces. »
Et puis, tiens, finalement, un autre extrait : « Un État qui ne contrôle plus ses frontières et son territoire peut devenir un sanctuaire pour des groupes criminels, un espace de transit des trafics ou une base arrière de groupes terroristes permettant à ceux-ci de développer leur action à grande échelle. » Toute ressemblance avec, etc. Cela dit, ce service militaire volontaire, une bonne chose ? Oui, sans doute - on pourra en reparler dans ces colonnes. Cependant, heureusement qu'il ne reste à Macron que dix-huit mois à sévir à l'Élysée, connaissant sa capacité remarquable et éprouvée à transformer l'or en plomb.
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141 commentaires
Ce Service National sera ouvert aux garçons ET aux filles. Puis-je accrocher mes galons sur mon hijab ?
Tom Morel est un héros et son nom ne peut-être évoqué dans un article dont le sujet est un acte de communication de notre président actuel. Cela est indécent.
Bla, bla , bla, bla.
Il met le foutoir dans le pays avant de ce casser
Il coule, il reste la tete alors il agite les bras, mais ceux-ci genre Tyrex sont de moins en moins visibles.
Mozart change de nom, finalement la finance c’est pas trop son truc, le voici donc Wagner.
Trop bon… BRAVO !
Su je comprends bien on va commencer par 3000 en visant 50000. S’ils ne sont pas destinés à être déployés hors du sol national, on en reviendra à ponctionner de ci de là comme en 1991 quand Mitrand avait dit pas d’appelés pour la guerre du Golfe. Un casse tête de plus pour les états-majors.
Les milliards promis pour cette ineptie seraient mieux utilises a renforcer nos nucleaires civil et militaire..Nous n’airons jamais les moyens de re creer une armee pour une gueguerre de chair a canon que nos generaux de plateaux teles appelle » de haute intensite..Nous sommes le seul oays d’europe et l’un des rares au monde a posseder l’arme nucleaire en toute autonomie..ca ne se partage pas..la dissuasion fonctionne toujours..ce n’est pas pour rien qu’aucun des pays qui ont l’arme nucleaire n’est en guerre..Que notre » chef de guerre » continue de se balader avec son ( notre)gros jouet volant et laisse s’occuper lrs grands des affaires du pays!..
Euh, on est quand même 8 pays à la posséder l’arme nucléaire et 2 avaient commencé à en découdre sérieusement, l’Inde et le Pakistan! C’est Trump qui a mis le holà.
L’inde et le pakistan c’est un peu une guerre civile..comme la Russie et l’Ukraine..sur les 8 lesquels sont justement en capacite d’utiliser leur bombe sans autorisation des us? En tous cas pas les Anglais,ni Israel..Et justement les US comme la Russie ou ka chine ont deux formes de dissuasion » la bombe » et une armee puissante
.wnous n’en avons su’une mais nous l’avons..cherissons la et en interne embauchons des policiers et des douaniers pour retablir les cobtroles aux frontieres et reformons la justice..
« ce genre d’animal à sang froid a un nom ». Traduction : Macron n’a plus aucune crédibilité. Quel que soit le sujet. Et depuis longtemps, et, pour beaucoup dont je suis, depuis toujours. GAME OVER.
Game over ? Puissiez-vous dire vrai.
Il y a encore peu, Monsieur Macron nous serinait avec la rengaine « l’Europe….l’Europe…. ». Dernièrement il la met en sourdine et c’est tant mieux. Mais quelle inconséquence !
Sympathique le titre : Macron en fanfare
Mais, vu sa tête et l’ensemble de son œuvre, je serais tenté de proposer comme illustration musicale » La marche funèbre »
Quelques mois après le début des hostilités, Monsieur Macron avait benoitement sommé de me pas « humilier » V.Poutine ! Aujourd’hui il en est presque à lui déclarer la guerre. Une guerre dont nul ne veut et qu’il nous a bien empêché de préparer contre toute éventualité. Il n’a rien compris, entre combien d’autres sujets, au salutaire « si vis pacem para bellum » ! « Préparer » la guerre, oui, mais dans l’optique de l’empêcher. Cela s’appelle la disuasion. N’est pas Charles de Gaulle qui veut et surtout pas le mari de Dame Brigitte.
Quand on pense que cet excellent Monsieur Macron n’a plus que 500 jours au mieux, pour passer de l’opération médiatique de communication à sa réalisation, il va falloir faire fissa, fissa !
Il va être le premier volontaire pour apprendre dans quel sens on tient un fusil…..et donc éviter de se tirer une balle dans le pied.
Qu’il se tire une balle dans le pied m’indifère.Mieux,ça me fait rire ! Ce qui me chagrine,c’est qu’en se ratant le pied,il a fait feu dans la tête du Pays.
Personnellement, pour être efficace, c’est service militaire obligatoire ou RIEN
Parlez-en aux sous-officiers qui devaient prendre en charge les dernières promotions avant la suppression.
Si la police n’en vient pas à bout dans les banlieues les militaires ne pourront faire de miracles.
Il fallait voir les pas de tir avec trépieds et chaînes pour maintenir les armes dans le bon sens.