Fanfaronnade socialiste : le pouvoir n’a pas d’odeur

Le PS n'ira pas à Matignon. Ce n'est pas faute d'avoir mendié le poste. Sans vergogne.
olivier faure

Depuis une semaine, les socialistes faisaient la danse du ventre. Eux qui n’avaient pas de mots assez durs pour vilipender le président de la République, coupable de bien des maux, en particulier pendant la réforme des retraites. Celui qui avait planté un coup de couteau dans le dos de François Hollande obtient soudainement grâce à leurs yeux. Et pour cause : il détient la baguette magique qui pourra les faire revenir aux commandes. Imaginez. Le Parti socialiste, qui végète dans les catacombes depuis 2017 et l’accession au pouvoir du « Mozart de la finance », entrevoit un faisceau de lumière entre la faille de deux rochers. Lui qui ne doit sa survie qu’à l’union de la gauche, au Nouveau Front populaire et autres fronts républicains qui maintiennent ce qu’il reste du PS sous perfusion. La rue de Solférino, où l’imposant siège du parti à la rose avait usurpé la renommée de la victoire militaire de Napoléon III, n’est plus qu’un lointain souvenir.

Être disponible… ou ne pas être

Alors, toute honte bue, ce qui reste de ténors dans un parti qui ne compte plus que 66 députés fait le siège de l’Élysée depuis leurs plateaux de télévision.

Déjà, il y a une semaine, où les jeux semblaient quasiment faits pour François Bayrou, le Premier secrétaire du PS déclarait être « à la disposition du chef de l’État » et être prêt à discuter des conditions dans lesquelles les socialistes pourraient « occuper les places gouvernementales qui sont occupées par la majorité relative de Bayrou ». Mais Olivier Faure le jure, il ne s’agit pas « de rechercher une place, un poste, une fonction », ni de « négociations », et encore moins d’accepter « un gouvernement qui serait en même temps de droite et de gauche ».

Jean-Luc Mélenchon s’est empressé de répliquer : « Consternant. Olivier Faure se met à disposition de Macron pour remplacer Bayrou », fustigeait-il, sur X. « Que chacun le sache : les Insoumis ne sont informés de rien et n'ont rien à voir avec cette offre de service qu'ils condamnent. »

Lundi 8 septembre, à la tribune de l’Hémicycle, Boris Vallaud, le chef de file des députés PS, envoyait la grosse cavalerie. Lors de sa prise de parole à la suite de la déclaration de politique générale du Premier ministre, il adjurait Emmanuel Macron de « faire son devoir plutôt que de céder à son bon plaisir », avant de conclure : « Nous sommes prêts, qu’il vienne nous chercher. » La reprise d’un propos du président de la République qui, en pleine polémique dans l’affaire Benalla en 2018, avait lâché : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. »

Cachez LFI que je ne saurais voir

Désormais, il faut faire une opération « linge propre ». Se désolidariser au maximum des infréquentables insoumis, quand bien même les sièges socialistes auraient été acquis grâce à l’union de la gauche. « À ceux qui nous font reproche de vouloir exercer le pouvoir et pensent que gouverner, c’est trahir, je réponds qu’exercer les responsabilités, c’est être fidèle au contrat qui nous lie aux électeurs qui espèrent de la gauche un changement dans leur vie », lance Boris Vallaud, qui claironne : « C'est désormais à la gauche arrivée en tête de gouverner. Comme socialistes, nous ne nous déroberons pas. »

Pendant la soirée qui suivra la chute du Béarnais, on entendra l’eurodéputé PS Raphaël Glucksmann assurer, sur LCI, qu'il y a un « fossé qui se creuse avec La France insoumise, mais [il sera] le garant qu’il ne sera pas comblé ». C’est le député socialiste de l’Eure qui assure que le PS au gouvernement serait « incensurable ». « Même si LFI nous faisait défaut, LFI+RN+LR, ça ne fait pas 290 députés », assure, très confiant, l’homme de gauche.

« Le Parti Socialiste est la première force politique »

Ailleurs, c’est Patrick Kanner, le sénateur socialiste du Nord, qui désire un « gouvernement tiré par la gauche » et affirme, avec une autorité à faire pâlir dans leurs tombes les anciens dirigeants soviétiques : « Le Parti socialiste est la première force politique aujourd’hui dans ce pays, il faut l’assumer et le réclamer. »

Oubliés, les 14 % du PS, emmené par Raphaël Glucksmann, aux élections européennes, il y a un an, alors que, arrivé en tête, Jordan Bardella réunissait 31 % des voix. Disparus, les 1,7 % d’Anne Hidalgo, porte-bannière du PS aux dernières présidentielles.

Face aux belles offres de service d’Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon est intraitable : « Non, je ne le soutiendrai pas, a-t-il affirmé, sur France 2, il ne peut pas gouverner tout seul, il sera obligé d’avoir des macronistes avec lui. Donc, ils constitueront une sorte de grande coalition. Pourquoi voulez-vous qu’on aille soutenir une chose pareille ? »

Dans le petit bal des prétendants à Matignon, les socialistes ont perdu. Mais la pièce est encore longue, les artistes attendent fébrilement derrière le rideau.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 11/09/2025 à 11:18.
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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Les socialistes devraient se taire. Ils sont à l’origine de tous les maux qui nous affligent. Alliés aux communistes pour arriver au pouvoir, ils ont mis en place tous les éléments pour la ruine du pays : retraite à 60 ans, ministère du temps libre, suppression de la peine de mort, ouverture des vannes de l’immigration, 35 heures, RTT, peines de prison transformées en mesures de substitution valorisant toutes les excuses possibles sauf la culpabilité. Sans compter la destruction de l’éducation nationale par une idéologie catastrophiste dont on constate quotidiennement les dégâts.
    La liste est infinie. Donc avec un tel passif, on se tait.

  2. On est un peu atterré de constater que des hommes politiques roués au pouvoir comme le sont les socialistes tombent aussi facilement dans la souricière. Cela tient à la force du fromage. Ils pensaient se refaire, comme au casino, et ils sont refaits. « Qu’ils viennent me chercher », cette injonction marcronienne, souvenons-nous, les socialistes la reprennent à leur compte. Olivier sur le gâteau, ils y ont cru à Matignon, ces cumulards de l’illusion, au pouvoir depuis des décennies, capitalisant les échecs, ne reculant devant aucune ambition. Que ce soit le plongeon d’Hidalgo à moins de deux pour cent à température présidentielle, en pollution permanente à Paris ou les autres seconds couteaux qui s’affûtent dans la cuisine électorale aux relents de graillons. M. Macron, Moïse, hier sorti de l’eau par Hollande, retrouve grâce à leurs yeux, il vient de leur tendre un gilet de sauvetage en peau de lapin qui a fait pschitt. Les voilà bien seuls. M. Mélenchon ne leur tendra plus la perche. Ils sont en voie d’atteindre la côte d’alerte des plus mauvais temps de la SFIO. Oui, mais le Nouveau Front Populaire est porté disparu corps et biens. Lui qui se targuait d’être celui qui avait gagné les élections, méritant, de droit, Matignon se trouve coi. Son argument se retourne contre lui. Cette fois, sans conteste, le RN est bien, dans cette législature, le première gagnant lui ouvrant Matignon. Notre président louvoie encore, il fait passer le ministre de la Défense en première ligne. On rapporte que le Béarnais n’est plus en odeur de sainteté à l’Elysée. Toujours la faute des autres. Faudra-t-il que Macron lui-même mette la main à la pâte ? Vous voulez dire qu’après Lecornu il se nomme lui-même à Matignon ? Quelle idée ! Mais au point où est la farce, pourquoi pas, Hollande a bien dégringolé dans les gradins de l’Hémicycle. Le sel du macronisme est sans fond. Il se dissout.

  3. Moi çà m’amuse pas, oui le Parti Socialiste est la première force pire que politique, combien de hauts placés dirigent l’Arcom, le conseil d »état, la cours des comptes et autres, un poids politique non négligeable et si vous rajoutez la Justice tout l’exécutif est entre leur mains, le parti socialiste avec son score de minable dans les élections prouve, en est il nécessaire, que les Français sont très loin d’être socialistes, surtout pas de gauche les grands responsables de notre situation.

  4. Tout ces gens de gauche en particulier, pas uniquement c’est aussi vrai, ne se remettent jamais en question, non satisfait d’être en totale déconnexion avec les réalistes économiques de ce monde ils insistent à faire que la démagogie et le mensonge soit l’alpha et l’oméga de leur discours politique. ils perdurent dans l’indignité totale. De plus électoralement parlant vous les mettez dehors par la porte il essaient d’entrer dans les foyers Français pas la fenêtre.

  5. Avoir mener le pays au bord du gouffre ne leur suffit pas, ils veulent nous faire faire le dernier pas. Le bilan des socialistes en France devrait être rappelé chaque matin, dans chaque foyer. Au moins aussi longtemps que durera le remboursement de la dette.

  6. Les socialistes parti insignifiant de nos jours n’ont aucune honte à la figure. S’agenouiller devant Macron pour obtenir le titre et foutre un peu plus les bordel dans le pays. Seuls le prestige, la gamelle et le pouvoir les intéressent. On sait ce que vaut le patriotisme rouge. Du reste les magouilles électorales ont permis à gauche la naissance de LFI le monstre politique intolérable. Quand on voit sur les bancs de l’assemblée nationale un ancien président devenu député qui n’a l’air que de dormir après les bons repas on se demande où est le sérieux. Il est vrai que la France est devenue une république bananiere.

  7. N’oublions JAMAIS que ce sont des chambres majoritairement SOCIALISTES qui ont voté les PLEINS POUVOIRS à PETAIN en 1940….

  8. Les socialistes n’ont aucun honneur comme toute la gauche en général…. Miterrand a bien enfoncé le pays et Hollande l’a enlisé ils ont donc bien prouver qu’ils étaient des incompétents crasse et la France est à droite pas à gauche ils ont fait assez de dégâts ils ne représentent rien et on n’en veut pas

  9. Allons donc, nous n’en sommes qu’au 7e premier ministre de macron, il reste encore presque 20 mois à tirer, cela devrait nous permettre d’en voir encirecpasser 3 ou 4 …

  10. Que demandent les socialistes ? Ils ont déjà la plupart des pouvoirs, entre eux et les macronistes issus de leurs rangs, Macron en tête : conseil constitutionnel, conseil d’état, cour des comptes, Arcom, justice, sans oublier les ex premiers ministres Borne et Attal.

  11. « Le Parti Socialiste est la première force politique aujourd’hui dans ce pays, il faut l’assumer et le réclamer. » Merci à Konnar pour ce grand moment de rigolade !

    • Le « CV » de ce type est dans la droite ligne de ce qu’est la putréfaction de la caste politique française ! …
      Il « débarque » à Matignon à 40 ans … Quelques mois et il va lui aussi nous coûter un pognon de dingue ! …
      La FRANCE est vraiment mal barrée … dans tous les sens du terme ! …

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