[POINT DE VUE] Guerre en Ukraine : Trump vainqueur sur tous les fronts ?

Ursula von der Leyen a tenté un petit moment lacrymal : recadrage sans pitié de Trump, décidément en pleine forme.
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Radio-Canada Info
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La photographie est saisissante. Publiée, notamment, par le général Clermont, expert militaire habitué des chaînes d’info, sur son compte LinkedIn, elle montre les chefs d’État européens, alignés lundi 18 août à la Maison-Blanche, face au bureau de Trump, dans une position explicite : celle de subordonnés. Silencieux, attentifs, les membres de la délégation qui accompagnait Zelensky aux États-Unis (sans y avoir été invitée) prennent les ordres. Donald Trump a les cartes en main et il n’est pas du genre à avoir le triomphe modeste. On le comprend - mais quelle terrible preuve de notre déclassement…

« Vous êtes bronzé, ça vous va bien »

C’est Donald Trump qui va organiser la rencontre entre Zelensky et Poutine, prévue d’ici quinze jours. C’est Donald Trump qui a eu un mot faussement gentil et vraiment humiliant pour Emmanuel Macron (« Vous êtes bronzé, ça vous va bien ») et pour Volodymyr Zelensky (à qui un journaliste, devant un Trump hilare, a fait observer que cette fois, il avait consenti à mettre un costume).


Ursula von der Leyen a tenté un petit moment lacrymal, au sujet des enfants ukrainiens qui devaient absolument être protégés : recadrage sans pitié de Trump, décidément en pleine forme. Le président américain a fait observer à l’inutile impératrice d’une Europe moribonde qu’on n’était pas là pour ça et lui a même rappelé le cuisant souvenir de l’accord léonin (sur les droits de douane) qu’ils avaient signé, sur un coin de table, entre deux parties de golf. Enfin, dans son propre pays, la cote de popularité de Trump a bondi de dix points, passant à 54 % d’opinions favorables : les Américains aiment quand leur pays, malgré un discours de non-interventionnisme, reste le boss de la cour de récréation mondiale.

Sous deux semaines, donc, Poutine va rencontrer Zelensky, selon les modalités définies par Trump. L’Europe, elle, restera du mauvais côté du Bureau ovale - celui des employés. Dans cet aréopage de courtisans, il y a ceux qui acceptent leur sort (Zelensky ou von der Leyen), ceux qui sont hors du coup (les autres)… et ceux dont les ambitions dépassent manifestement les capacités. Emmanuel Macron est de ceux-là : dans un délire narcissique qui, joint à la médiocrité de sa situation, rend ses sorties particulièrement gênantes, il vient de déclarer, au cours d'une interview accordée à Darius Rochebin (TF1 et LCI), que Vladimir Poutine était « un prédateur, un ogre à nos portes ». Certains utilisent le langage du business pour faire des « deals » diplomatiques, d’autres usent du vocabulaire des contes de Grimm pour raconter des histoires.

Macron « macronne »

Pendant que Macron « macronne », selon ce verbe inventé par les Ukrainiens (et qui signifie, à peu près, « promettre et ne rien tenir »), le monde tourne sans lui, les conflits se règlent sans lui et l’ordre du monde se reconfigure sans lui. Sans lui, c’est-à-dire sans nous. « La France ne peut être la France sans la grandeur », disait le général de Gaulle. Ca tombe bien : la France n’est plus vraiment la France. Au fond, Macron n’avait pas tort, quand il disait, dans un énième discours télévisé : « Pour être libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant » (discours aux armées, 13 juillet 2025). Le seul problème, c’est qu’il n’est pas puissant, que notre pays n’est pas craint, que nous ne sommes donc pas libres. Il ne lui reste donc, pour l’instant, qu’à se mettre à la remorque de l’Union européenne : un ogre qui, cette fois, ne se trouve pas à nos portes mais dans nos murs et se nourrit exclusivement de souveraineté nationale et de libertés individuelles.

Il y a, à droite, une fascination malsaine pour les dirigeants étrangers. Trump est peut-être un grand dirigeant, mais il est américain. Nous ne sommes, nous, ni russes ni américains. Nous sommes français et nous méritons mieux que ce misérable spectacle.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

131 commentaires

  1. Oui triste spectacle que ces dirigeants européens hors course venus s’afficher à la maison blanche où ils n’étaient pas invités. L’humilité aurait dû primer en s’efforçant de rester chez eux pour continuer de bronzer pour un et de jouer au golf pour d’autres incapables d’entamer des négociations. Bien au contraire notre cher président cher, enfonce le clou par des propos adressés directement au président russe le traitant d’ogre et surfant sur la peur en imaginant des chars russes sur les champs Elysee ou des mongols à cheval devant Notre Dame. Effectivement le président Trump le shérif mondial sait ce qu’il fait en les écartant de la partie. Seule exception à ce tableau négatif, l’excellente première ministre italienne, giorgia Meloni. La présence inutile de la pseudo présidente de la commission européenne reste la larme à l’oeil qui fait deborder le vase de la médiocrité.

    • « L’excellente Meloni » !! Non, non, Meloni, soutien de Van der Leyen et férocement russophobe, a bien sa place dans « ce tableau négatif ».

      • Je trouve aussi qu’elle détonne un peu mais par ailleurs elle mène bien le pays et est reçue partout. Macron est grillé au point qu’il ne lui reste plus que les Cours pour aller faire ses voyages, des Cours qui n’ont plus aucune valeur politique ou très peu et sont loin de leurs ancêtres qui étaient les maitres en leurs pays.
        Pour ce qui est du macron et de son ogre russe, il me semble qu’une présentation non pas d’excuses mais de remise en question du personnage devrait se faire au plus haut niveau pour officialiser le fait que ce macron n’est pas la France. C’est connu au Kremlin mais le dire c’est mieux et procèderait d’un premier acte de résistance au régime illibéral qui s’est installé en France.

  2. il viens en aide en vendent des armes a l ue qui au passage vas se sucrer sur le dos des contribuables

  3. Enfin vous savez bien, nous savons tous que Macron n’aime pas la France, qu’il la veut dissoute dans un super mondialisme. La France c’est trop petit pour lui. Il se rêve, car il rêve, en président d’une Union européenne élargie avec l’Ukraine, sans doute la Turquie, les pays du Maghreb…. C’est facile pour Trump de ridiculiser un tel personnage hors sol.

  4. « Nous sommes français et nous méritons mieux que ce misérable spectacle. » N’oublions pas non plus que nous n’avons pas autre chose que ce qui pouvait être attendu de la réélection de Macron. Dommage que les castors ne soient pas les seuls à pâtir des conséquences de leur barrage au RN.

  5. C’est sûr qu’avec U Van Der Layen, l’Europe fait peur au monde entier ! Il faut être fort pour être craint dirait son adjoint Français, mais entre les belles formules et la réalité, il y a effectivement tout un monde.

  6. Les articles de Arnaud Florac sont toujours de haute teneur, en criantes réalités sur notre Chef d’Etat élu par deux fois, confortablement… Ce Président lorgne 2032 en toute intelligence, se moquant de la situation présente, voir plus…?

    • Je le redis ici, un clone de Trump de présentait à la présidentielle en France,je voterais des deux mains pour lui car lui, il a un programme et surtout, surtout,il l’applique sans modération.On va me parler du RN, ok, je veux bien, sincèrement, mais alors qu’il prenne exemple sur le président américain sinon si c’est pour faire comme les autres, ça ne vaudra pas mieux. J’ai écouté les propositions de Zemmour pour l’immigration,on peut difficilement faire mieux.

  7. Ce n’est pas de la fascination , monsieur , c’est de l’envie ..voire de la jalousie . Et un désespoir de voir que notre belle et grande bourgeoisie n’est plus capable d’enfanter le moindre leader doté d’une vision à long terme , d’une formation historico-politique sérieuse, et des vertus aussi viriles qu’antiques .Il est grand temps que ce pays connaisse son ordalie et que la bourgeoisie soit à jamais écartée des affaires de l’état.

  8. La France à les politiciens qu’elle mérite. Depuis Giscard et son acolyte Mitterrand la classe politique dans sont ensemble a jeté notre pays dans le chaos, de lâchetés en compromissions ils ont asservi notre nation, mais, eux et consorts vivement fort bien de ce pillage organisé.

  9. Trump, hilare, se moquant de chacun d’eux, macron, qui n’a rien compris, se sent flatté . Pathétique !
    Et pourtant, notre tête de noeud a été réélu deux fois (il a profité du bénéfice chance » de la guerre contre le covid, ensuite de la guerre en Ukraine) les veaux français sont manipulables à souhait, on a les présidents qu’on mérite !

  10. Un exemple: tout le monde critique Trump pour les droits des douanes. Au final, beaucoup d’entreprise vont se relocaliser aux usa! Ce n’est qu’un exemple!

    • Ce n’est pas un Trump qui nous faut. C’est un président adulte responsable, avec une vision pour le pays, qui sache s’entourer de personnes adultes, responsables, compétentes qui oeuvre pour la France .. pas pour eux.

      • Ah bon et pourtant ce sont toutes les qualités d’un Mr Trump . Réfléchissez Evariste avant de vous lancer dans l’écriture.

      • .donc, en toute logique, il faut commencer par dissoudre ce parti LFI composé essentiellement de ramassis toxiques pour le Pays !
        Et que le Conseil Constitutionnel composé de vieux mammouths nommés par le gamin ne vienne pas nous chanter que c’est inconstitutionnel…

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