Historique ! La République tchèque interdit la promotion du communisme
Petr Pavel, président de la République tchèque, vient de promulguer une loi qui met le communisme sur le même plan que le nazisme et en interdit la promotion. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Difficile de dire ce qu’il adviendra du Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM, avatar de l’ancien Parti communiste tchécoslovaque), qui présente des candidats aux législatives d’octobre prochain.
Préparé par des députés et des historiens, le nouveau texte prévoit jusqu’à cinq ans de prison pour toute personne qui « crée, soutient ou promeut des mouvements nazis, communistes ou autres qui visent manifestement à supprimer les droits de l’Homme et les libertés ou à inciter à la haine raciale, ethnique, nationale, religieuse ou fondée sur la classe sociale » (cité par Radio Prague). Jusqu’à maintenant, le texte parlait de « mouvements », sans plus de précision, et il allait de soi que cela concernait le nazisme. Cela va mieux en le disant, et en y joignant le communisme. « C'est une clarification », explique le député Martin Dlouhý (conservateur et libéral de centre droit).
Des plaies non cicatrisées
La tutelle dictatoriale de l’URSS sur les pays satellites tels que la Tchécoslovaquie est de l’Histoire déjà ancienne, pour nous Occidentaux, et d’autant plus « oubliée » que nos intellectuels (professeurs, journalistes…) ont été des compagnons de route de cette tutelle. Ils ont minimisé, caché la répression. Il en va tout autrement dans les pays de l’Est, où les plaies ne sont pas cicatrisées. À Prague - ville dont « le Printemps » fut réprimé dans le sang par l’URSS en 1968 -, le monument dédié aux victimes du communisme (1948-1989) aligne ses chiffres macabres : « 205.486 condamnés – 248 exécutés – 4.500 morts en prison – 327 morts à la frontière – 170.938 citoyens expulsés ».
Petr Havel a d’ailleurs promulgué, parallèlement, une loi relative à l’indemnisation de ces personnes « expulsées de la République socialiste tchécoslovaque par la Sûreté de l’État », et une autre indemnisant les personnes qui ont été surveillées « pour motifs politiques ». Elles furent les nombreuses victimes de l’opération Asanace (Assainissement, [sic]), menée par la police politique dans les années 1970 et 1980 et basée sur le chantage, la coercition psychologique et physique. De son côté, la Confédération des prisonniers politiques œuvre encore aujourd’hui à identifier des charniers, leurs victimes, et à donner à celles-ci une sépulture digne.
Pavel, un ancien communiste
Élu en 2023 sous étiquette indépendante, soutenu par les démocrates-chrétiens et le centre droit, Petr Pavel poursuit son rachat avec cette loi. Car lui-même a adhéré au Parti communiste au début des années 1980, et l’a quitté lors de la révolution de velours en 1989. « Je suis né dans une famille où l'appartenance au Parti était considérée comme normale, a-t-il expliqué, il y a quelques années. Je n'avais pas suffisamment d'informations et d'expérience pour évaluer la nature criminelle du régime. Maintenant, je sais que c'était une erreur. »
À quelques mois des législatives, le Parti communiste est évidemment furieux. Il y voit une tentative de « réduire au silence les opposants au système en restreignant les droits et libertés constitutionnels » et « rejette fermement cet amendement et le considère comme intentionnel et discriminatoire ». Cela ferait sourire si, en matière de restriction des libertés, le communisme, lorsqu'il est au pouvoir, n’était aussi continûment sanglant. Lors des législatives de 2021, la démocratie a été sévère, pour le KSČM : n'obtenant que 3,60 % des suffrages, il a perdu ses 15 députés.
Le Nüremberg du communisme n’a pas eu lieu
Selon les observateurs, la sévérité de la loi dépendra de l’interprétation qu’en feront les tribunaux. Les juges condamneront-ils l’éloge du stalinisme ? Ou séviront-ils dès que seront arborés l’étoile rouge, la faucille et le marteau sur un tee-shirt ? Le mot « communisme » lui-même sera-t-il répréhensible ? En tout cas, cette loi ne remplacera pas le Nüremberg du communisme qui n’a pas eu lieu, mais c’est, à défaut de justice, un début de rééquilibrage entre les deux grandes idéologies macabres du XXe siècle. La moindre des choses...
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49 commentaires
Eux savent de quoi ils parlent…50 ans de communisme et d’occupation soviétique , ca forge une opinion.
On a tendance à oublier que le communisme est issu du marxisme, lequel marxisme a été défini par un bourgeois rhénan, exilé en Angleterre, pour être publié et nourrir sa famille, pas pour être mis en pratique,.
Ce n’est pas en France, dernier pays soviétique d’Europe, que cela arrivera
pour eux le communisme a libéré la moitié de l Europe , avec des millions de morts ,les Polonais eux aussi n’ont pas la mémoire courte avec les massacres de Katyn,qu’en pensent les profs de gauche ,curieusement pendant la derniere guerre les refugiers Espagnols souvent Communistes n’allaient ils pas dans le paradis de Staline ???
Les communistes,comme tous bons individus de gauche,ont pratiqué l’esquive en se défaisant sur l’ère stalinienne pour cacher l’horreur de ce système,ceci pourovculter la part toute aussi tragique du leninisme qui avec Trotsky a créé la loubianca et les premiers camps en Sibérie , les »hopitaux »psychiatriques et autres facecies morbides d’une pensée censée instituer une vraie révolution de société vers la »perfection d’un homme nouveau Et les tenants actuels en sont encore fiers .comme quoi la bêtise humaine frise l’infini
Comment pourrait-on voter une telle condamnation en France alors que la France insoumise, héritière de la Ligue communiste révolutionnaire de feu Alain Krivine est elle même trotzkiste? A noter que j’ai connu avant 1989 une famille arménienne réfugiée en France depuis l’Arménie alors soviétique! Pour eux, Trotsky était au même titre que Staline, un monstre!