L’entrepreneur Denis Payre découpe la taxe Zucman : « J’ai honte pour mon pays ! »

Pour Denis Payre, « le message aux entrepreneurs est simple, c’est "Barrez-vous ! On ne veut pas de vous !" »
impôts

Gabriel Zucman était parfaitement inconnu, voilà quinze jours, en dehors des sphères éclairées des universités et de l’extrême gauche française qui ne font souvent plus qu’un. Cet universitaire assez typique d’une certaine économie imprégnée de marxisme incarne aujourd’hui la voie du salut à gauche, le génie inventeur qui sauvera le budget sans douleur et la Providence des grands médias qui cherchent à échapper à la droite, au peuple, au réel et à un plan d’économies drastiques sur les dépenses de l’État.

Inventeur de la taxe qui porte son nom, Zucman est le nouveau visage, jeune, de l’irrépressible envie de taxer qui taraude la gauche depuis qu'elle existe, dans le pays le plus taxé du monde libre. De quoi ulcérer ceux qui créent des entreprises, des emplois et, accessoirement, paient des impôts… Parmi eux, Denis Payre. Fondateur de BusinessObjects, de Kiala, de Nature & People First, créateur du syndicat patronal CroissancePlus, homme d’entreprise libéral en économie, Denis Payre a fait fortune sans se désintéresser du sort du pays. Partie prenante au débat public, il a fondé son parti Nous Citoyens, avant d’adhérer aux LR.

À l’évocation de Zucman, ce patron expérimenté qui vit entre la France et les États-Unis bondit. « On va détruire tout ce qui est en train d’émerger en France, tous ceux qui inventent l’économie de demain, aident à entrer dans le XXIe siècle, promet-il, exaspéré. Ceux qui se lancent et hésitent aujourd’hui entre les États-Unis et la France n’hésiteront plus. Ils partiront avant de démarrer. Le message aux entrepreneurs est simple, c’est "Barrez-vous ! On ne veut pas de vous !" »

« On devient schizophrène »

La taxe Zucman, c’est cet impôt plancher de 2 % qui vise les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. La gauche en a fait un totem et une condition de son soutien au gouvernement Lecornu. Le raisonnement est simple : ils sont riches, ils peuvent payer. Cela évitera à la France de tailler dans les coûts aberrants, ceux de l’immigration par exemple (100 milliards d’euros par an, selon l’Observatoire de l’immigration, pour le seul différentiel du taux d’emploi de l’immigration).

Une idée folle comme la gauche les aime. On a évoqué cette entreprise Mistral AI, un succès extraordinaire dans l’intelligence artificielle générative marqué par une valorisation stratosphérique de… 12 milliards d’euros ! Mais voilà, la société n’est pas encore rentable. Les fondateurs détiennent 10 % du capital environ mais ne perçoivent pour l’instant que leurs salaires : soumis à la taxe Zucman, ils seraient pourtant redevables, chacun, de… 30 millions d’euros chaque année ! « Je l’ai vécu, raconte Denis Payre. On arrive à craindre que la valeur de l’entreprise monte : l’intérêt de l’entreprise n’est plus aligné sur celui des actionnaires, on devient schizophrène ! »

Certes, mais quand l’entreprise est rentable, l’entrepreneur ne peut-il pas donner une faible part de sa fortune à la collectivité ? « C’est un modèle qui va bien aux rentiers, aux foncières, aux entrepôts, explique Denis Payre : pas de risque, une rentabilité de 5 à 6 % qui sera ponctionnée de moitié chaque année. Mais plus vous prenez de risque, plus vous êtes sanctionné. »

La taxe Zucman prend ainsi l’allure d’un filet de sécurité anti-licornes, anti-Tesla, d’une garantie contre le succès de ces entreprises qui mettent beaucoup de temps et consomment beaucoup d’investissements avant de devenir très rentables et pour longtemps. Comment tirer efficacement une balle dans le genou d’une économie française qui n’a pas tout à fait besoin de cela ?

« Ces gens ne savent pas ce qu'ils font »

Pour parer ce léger inconvénient, si l’entrepreneur ne peut pas payer, M. Zucman propose que l’Etat se paye en… parts dans la société. L’économie facile. « Les actionnaires vont donc se retrouver avec l’État dans leur tour de table !, s'étrangle Denis Payre. L’État qui n’a aucune expertise et peut avoir un agenda complètement différent : c’est un répulsif absolu pour tout actionnaire. Qui voudra investir avec l’État au capital ? Ces gens ne savent pas ce qu’ils font ! »

La taxe Zucman sert de révélateur. Elle met au jour une fois de plus la déconnexion d’une gauche qui n’a avec l’entreprise qu’un rapport névrotique : celui du drogué à sa nourrice. « Le seul débat qui s’ouvre aujourd’hui, c’est quel nouvel impôt peut-on lancer dans le pays le plus imposé au monde ? », fulmine Denis Payre, qui pointe un risque de destruction de la base fiscale : une destruction de l’activité qui rapportera demain des impôts.

Méconnaissance ? Non, malhonnêteté. Les partisans de ce nouvel impôt « insinuent que les riches payent beaucoup moins d’impôts que les classes moyennes : c’est un mensonge absolu », tempête encore notre entrepreneur. Il colère contre France 2 qui a servi un discours en ce sens. La réalité est bien éloignée des idées réflexes de la gauche : les hauts revenus sont lourdement taxés, en France, et les dividendes versés par une holding sont ponctionnés par le PFU (prélèvement forfaitaire unique) à hauteur de 30 %, après que ce revenu a été fiscalisé dans la holding à hauteur de 25 % : tout sauf un paradis fiscal ! « En Espagne, pays gouverné par les socialistes, les impôts sur les dividendes sont de 15 %, la moitié ! », rappelle Payre.

Le pouvoir d’achat, l’économie du pays sont écrasés par la dépense publique. Mais comme un coq crasseux sur son tas de fumier, la gauche des 35 heures reste convaincue que si les autres pays ne font pas comme elle, c’est par faiblesse d’esprit et par manque d’audace. Elle se vit toujours en phare de l’humanité en marche. « Tout cela part de gens qui n’ont jamais créé un emploi de leur vie et pensent qu’ils vont révolutionner le capitalisme : j’ai honte de mon pays », conclut Denis Payre.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

79 commentaires

  1. D’accord pour aller chercher l’argent d’abord sur l’immigration et l’Europe. Mais on restera loin du compte. L’inévitable poids du redressement national ne devra t’il reposer, comme à l’accoutumée, sue sur les seules classes moyennes et populaires, ou les trés, très fortunés auront ils des propositions pour aider la France à s’en sortir? Les corporatisme est-il seulement de gauche ?

  2. Ce zucman, un fonctionnaire payé avec nos impôts , un gaucho , qu’il aille créer son entreprise et se démener pour la faire vivre et donner de l’emploi. C’est toujours pareil, ces planqués qui ont toujours la langue acérée parce qu’il ne craigne rien pour leur poste.

  3. La gauche n’aime pas les entreprise ce n’est pas compliqué et cela ne date pas d’hier. Il serait temps de comprendre que c’est l’ADN même de la République qui depuis qu’elle existe n’est qu’un machin gauchiste avec ses destructions, pillages et ses malheurs, sauf pour une bande de salopards qui en tirent les ficelles et qui glande sur le dos des autres. Depuis des années déjà une TPE, ceux qui font 20 h / jour hormis quelques exceptions de niches n’est plus viable si elles ne peuvent pas faire un peu d’argent liquide pour de petits travaux. Criblées de taxes, de charges et de frais divers obligatoires un pillage systématique de la République, des banques et aujourd’hui indispensable par les opérateurs de la téléphonie, voir les constructeurs automobile tous ayant le même principe administratif que leur référence, la République.

  4. Les LR, RN sont prêts à accepter cette taxe. Ces riches sont pourvoyeurs d’emplois contrairement à tous ces politiques à l’AN qui ne connaissent rien à l’entreprise. Donc tous ces Français manipulés se retrouveront au chômage quand leur entreprise fermera ses portes ou s’exilera dans un autre pays !

  5. Zucman, tout comme Coquerel, n’a jamais travaillé en entreprise. Mais seulement dans l’enseignement supérieur. Coquerel a raté son Bac en 1977 pour l’obtenir en 1983, et il échoue pour le CAPES: notre donneur de leçons d’Économie était fait pour rencontrer l’enseignant politiquement engagé.
    Ces gens ne connaissent visiblement pas grand au fonctionnement concret d’une entreprise. Ils proposent donc un système de vol organisé au profit d’un État atteint de prodigalité pathologique…Forcément ça va passer crème.

    • Les banques ont reçu l’ordre par Bercy d’établir un état des lieux dans les semaines qui arrivent en se basant sur l’IFU. Pour les produits par capitalisation dont le résultat finak sera connu en fin d’année, une simulation est prevue.
      Oui, cet impôt sur la fortune va naître. L’État est en mode panique. Si c’est l’échec, le FMI prend les choses en charge : trop de politiciens et hauts fonctionnaires y perdront des plumes.
      Les plumes du reste de la population leurs sont indifférentes !

  6. Le portrait de Denis Payre était plutôt flatteur jusqu’à ce qu’il soit mentionné qu’il a adhéré aux LR. Quand on peut exprimer des idées politiques sans adhérer à un parti, on peut se dispenser de s’acoquiner avec un mouvement politique qui a la traitrise pour étendard et dont la responsabilité dans la faillite de la France est énorme. Si on le fait quand même, c’est sans doute parce que l’on s’y trouve bien parmi les siens.

  7. Les grandes entreprises font souvent vivre de plus petites en sous-traitant leurs services. Il y a un adage qui dit « quand les gros seront maigres, les maigres seront mort ». En faisant fuir les grands entrepreneurs, on condamne les petits.

  8. La gauche en fait est composée pour la plus grande partie des spoliateurs qui se sont rendus « légaux et vertueux » par tromperie pour créer un État Voleur vivant comme des tiques sur un chien,donc avec des gens qui ont pondu des lois,des règlements,des normes,de l’assistanat à tous les étages de la société avec des emplois de fonctionnaires inutiles et parasites pour certains d’entre-eux qui eux-mêmes contribuent grassement à nous ponctionner et à ponctionner les PME pour continuer à justifier leur existence tout autant inutile que les puces et les tiques sur un chien.

  9. J’ai cédé mon entreprise en 2007 et depuis je me demande comment il peut y avoir des gens qui aient envie d’entreprendre et d’investir dans ce pays.

    • je souscrit pleinement à votre interrogation d’autant qu’en fin de vie alors qu’ils ont travaillé 3 fois plus que la majorité des fonctionnaires sous entendu des charges il leur e reste moins que le minimum attribué à ceux venus d’ailleurs qui n’ont jamais fait entrer un centime dans les caisses de la République.

  10. La gauche n’aime pas les riches! c’est pourquoi elle fabrique et multiplie les pauvres jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun riche…(soit parti, soit spolié…)

  11. De LFI au RN en passant par LR, ils sont tous favorables à la surtaxation des riches et à ce projet Zucman. De plus, certains hommes politiques ont dit que c’était une erreur mais qu’il fallait le faire pour avoir un budget ; c’est à dire qu’ils pensent qu’il vaut mieux sacrifier la France pour tenir 3 mois de plus…Les français aussi y sont favorables. Le pompon est quand même au RN qui est sur la même longueur d’onde que LFI en économie. Tous socialistes. On entend souvent que la France est majoritairement à droite. C’est faux. La France est à gauche. Les entrepreneurs doivent partir mais ils ne sont pas les seuls. Tous les hommes libres doivent sortir de l’UE.

  12. Un autre blog s’est également ému de cette aberration.
    Ils arriveront à taxer l’air que nous respirons.

    Tous les marqueurs sont au rouge vers un conflit majeur.

  13. La est claire pour ces entrepreneur. Mais elle aussi claire pour Lecornu qui sous la pression de son patron doit associer le rapprochement avec un PS plus faible que jamais.
    Lecornu devrait bien surveiller que ce PS ne serait pas un cheval de Troi au profit de la bande LFI…

  14. La France est ce pays qui a institutionnalisé la haine de l’argent et donc la haine des riches. C’est là le détestable héritage de la révolution de 1789 dont nous finirons par crever.

    • Vous oubliez de dire la chose la plus importante, la haine de l’argent SAUF POUR EUX. Quant à l’héritage ce n’est que l’ADN de la République. Trouvez moi une République vraiment démocratique à travers le monde en-dehors de ce que l’on veut faire croire.

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