Loi sur l’euthanasie : ce député alsacien qui dit clairement les choses

Charles Sitzenstuhl démonte le mensonge gouvernemental d'un « texte restrictif, cadré » et d'une « procédure objective »
Capture écran LCP Assemblée nationale
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Charles Sitzenstuhl est député de la cinquième circonscription du Bas-Rhin. Transfuge des Républicains, il a adhéré à ce qui s’appelait alors « En Marche » en 2017. Ce pedigree ne doit pas nous induire en erreur : M. Sitzenstuhl, s’il fut un temps porte-parole du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, n’est pas l’un de ces macronistes interchangeables qui portent sur tous les plateaux la lénifiante parole de l’en même temps. Il l’a prouvé par le passé en prenant position contre l’aide médicale de l’État accordée aux clandestins. Il vient de le prouver à nouveau : alors que tout le monde, dans sa famille politique, semble ravi de la future loi Euthanasie, qui sera examinée le 27 mai, Charles Sitzenstuhl a pris la parole dans l’Hémicycle pour expliquer ce qu’était vraiment ce projet de loi.

Un texte permissif

Après avoir rappelé que la majorité prétendait faire adopter un texte restrictif et cadré, il a montré que ces déclarations d’intention étaient fausses et n’avaient pour but que de « rassurer les personnes qui hésitent ». Au contraire, le texte est flou, la procédure est entièrement fondée sur la subjectivité et nos voisins européens ont adopté des textes bien plus contraignants. Citant le cas de l’Autriche, qui contraint les candidats au suicide assisté à passer devant un notaire, M. Sitzenstuhl a expliqué que la France ouvrait bien trop de portes avec ce projet de loi, extrêmement permissif - bien davantage que toutes les lois similaires qu’ont adoptées d’autres pays.

Un tel courage n’est pas la norme, dans une assemblée pétrifiée par la peur de paraître rétrograde. Les députés, qui sentent peut-être confusément qu’ils font quelque chose de mal, ne veulent même pas utiliser le terme d’« euthanasie ». C’est la volonté de M. Falorni, qui est à l’origine de ce texte. On parlera plutôt d’« aide à mourir » ou de « suicide assisté ». M. Sitzenstuhl, lui, dit les choses. On ne sait pas s’il est pour ou contre la légalisation du meurtre des personnes les plus vulnérables. Au fond, cela n’a pas tellement d’importance. Ce qu’il montre, c’est ce que nous constatons chaque jour : le législateur ne grave plus des lois rationnelles dans le marbre, il s’en remet aux émotions et aux sentiments bien davantage qu’à la vérité objective. Cette tyrannie des sentiments a envahi l’espace public pour tous les sujets de société : Marine Tondelier, au sujet des mariages d’OQTF, critiquait, ces derniers jours, ceux qui s’en prenaient « à l’amour »… comme si le plus important, pour les élus, était d’aligner leurs actions sur le ressenti des citoyens.

Il faudrait une loi garde-fou

À rebours de cette pleurnicherie qui généralise par induction certains cas emblématiques, pour servir de référence à un texte moralement répréhensible, Charles Sitzenstuhl, fût-il macroniste, a bien identifié ce que doit être la loi : un garde-fou. Littéralement. Un texte légal doit être un rempart de rationalité contre la folie des petites histoires individuelles, des tragédies singulières, des cas limites érigés en dogmes. Et ce texte, volontairement large et flou, ne joue absolument pas un tel rôle.

Nos députés examineront le projet de loi la semaine prochaine. Certains se sont déjà fait leur petite idée. D’autres hésitent encore, pressentant, à n’en pas douter, qu’ils sont en train de faire sauter une vertigineuse digue morale. Puissent les propos de l’élu alsacien, qu’il sera difficile d’accuser d’extrémisme, leur remettre les idées en place.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Attention, il importe de bien comprendre ce dont on parle n’est pas forcément ce que voudraient certains. En résumé, croyez le bien:
    Droit de mourir dans la dignité = Euthanasie officielle = Assassinat programmé à terme de tous les encombrants

  2. Pourquoi avoir supprimé la peine de mort pour les criminels quand on veut l’infliger à des innocents? De tels politiciens et législateurs sont des meurtriers qui ne veulent pas faire le sale boulot, mais le faire faire par d’autres.

  3. Je le redis, cette loi me fait peur, ouverte à toute dérive, on a vu pendant le covid, ce qu’il est advenu à certaines personnes âgées en EHPAD faute de soin, bref…..Je n’en dirai pas plus

  4. Sous macron , on aura connu la possibilité d’avorter jusqu’au dernier moment avec l’inscription dans la constitution et le suicide assisté pour ceux dont on veut se débarrasser , il s’est attaqué aux deux extrémités de la vie .

  5. « Aide à mourir », « suicide assisté ». En droit pénal, cela s’appelle un homicide volontaire, autrement dit, un assassinat. Mais bon, l’Etat réduisant les citoyens à l’état de producteurs-consommateurs n’a que faire des « inutiles »…

  6. 82 balais, toujours sportif accompli. Prothèse complète du genou gauche. Demande par chirurgien d’une admission à Salies de Béarn en centre rééducation , dépassé 80 balais, trop vieux. Dito en externe demande personnelle.

  7. Il ne faut pas se voiler la face, sous des dehors d’humanisme, cette loi sur l’euthanasie est , en quelque sorte, une « variable d’ajustement » pour l’équilibre budgétaire. Les longues maladies, les handicapés de toutes sortes, les vieux , et la liste n’est pas exhaustive, représentent une part importante dans le budget social. Une seule solution radicale: supprimons les.
    Faisant partie du monde médical, il y a maintenant plusieurs décennies je plaisantais en disant aux personnes âgées que je soignais: » il arrivera un temps ou l on vous fera remplir un QCM afin de connaitre votre état de santé , et, si vous ne rentrez pas dans les cases on vous proposera une solution « définitives » pour le plus grand bien de la société.
    Et bien nous y sommes.
    Bienvenu dans le meilleur des mondes.

    • Je pensais à la même chose et avais peur du coup que mon commentaire ne passe pas ……Suis handicapée et sans enfant et mon avenir me fait peur !!!

  8. Il est malheureusement certain que cette loi criminelle sera votée par les députés dont la plupart le feront honteusement, pour ne pas paraître rétrogrades. De plus, il semble qu’une majorité de la population y soit favorable, après des années de lavage de cerveau par les associations, les médias et les politiques. Comment ne pas comprendre que le droit à donner la mort constitue un saut anthropologique vertigineux ? Le bilan de Macron pourra se résumer à la constitutionnalisation de l’avortement et au droit à l’euthanasie, c’est à dire autoriser la suppression de la vie humaine à ses deux extrémités.

  9. Cette loi risque d’être votée bien rapidement. Bien sûr, le petit peuple ( moi, par exemple ) n’est pas très bien informé de tout… Que vont-ils concocter sans notre avis ( éclairé ) ? Tout cela n’est pas normal et ne devrait pas être voté en fin de règne d’un président qui s’est engagé sur ce sujet ( sans que le Souverain _ le peuple _ soit vraiment éclairé ! sur ce thème ).

  10. Cela me fait penser qu' »en marche » est un parti en fin de vie : sont-ils bien conscient qu’il serait légitime de lui proposer l’euthanasie, au nom de l’égalité et de la justice ?

  11. Le danger c’est que petit a petit comme le montre dans certains pays c’est une extension progressive sous une certaine moralité pernicieuse de mettre une fin de vie qui ne devrait jamais avoir lieu.

  12. Mais nom d’un chien, laissons Dieu ou la Nature décider qui doit mourir et quand.

  13. Quelques soient les situations on secoure les personnes affaiblies « on ne les achève pas »!

  14. moi qui suis âgée, j’attends avec terreur la suite des évènements. déjà qu’étant vieux, on a nettement l’impression qu’on gêne …… on n’a plus de médecin puisque les nôtres ont pris leur retraite. on nous dit lorsqu’on se plaint de quelque chose : « moi j’aimerais bien être comme vous à votre âge » sous-entendu, ne vous plaignez pas c’est déjà bien que vous soyez encore là (j’en passe et des meilleures)

    • les personnes en grande souffrance ne veulent pas mourir, elles veulent juste cesser de souffrir

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