[MÉDIAS] Quelle époque ! : Alain Juppé se paie Retailleau et régale la gauche

Invité, samedi soir, sur France 2, Alain Juppé n’a pas hésité à sortir de sa retenue afin de plaire à la gauche
© Capture écran France 2
© Capture écran France 2

La séquence a fait le tour des réseaux sociaux. Samedi soir, Alain Juppé était invité sur le plateau de Quelle époque !, le talk-show hebdomadaire de France 2. L’ancien maire de Bordeaux avait fait le déplacement afin de promouvoir la parution de son dernier livre, L'Heure du choix (Tallandier), mais n’a pu échapper aux questions politiciennes les plus prévisibles. Léa Salamé l’a notamment soumis à l’exercice du Photocall dans lequel l’invité est sommé de s’exprimer sur la personnalité dont le visage s’affiche à l’écran. Vladimir Poutine, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Sébastien Lecornu… tous ont eu droit au jugement lapidaire d’Alain Juppé, souvent teinté d’ironie ou d’agacement. Mais la flèche la plus acérée a été décochée lorsqu’est apparu le visage de Bruno Retailleau : « Ciao », a alors lâché celui qui siège au Conseil constitutionnel depuis 2019.
Bien évidemment, la pique a immédiatement fait mouche, provoquant l’hilarité du plateau, le sourire béat du chanteur Benjamin Biolay et les applaudissements de la romancière Amélie Nothomb. « Et là, le devoir de réserve, concernant Bruno Retailleau ? », a tout de même interrogé Benjamin Duhamel, manifestement gêné. « Non, mais je ne suis plus membre du RPR ! […] C’est pas un acte politique ! C’est un salut amical », a botté en touche l’octogénaire, le sourire en coin.

Il faut dire qu’Alain Juppé n’ignorait pas où il avait mis les pieds. Outre Léa Salamé, il avait face à lui l’influenceur écolo Hugo Clément ainsi qu’un trio de journalistes de France Inter : Sonia Devillers, Nicolas Demorand et Benjamin Duhamel. Bonjour l’entre-soi ! En dénigrant un homme de droite, M. Juppé savait fort bien qu’il allait s’offrir à peu de frais la sympathie de la caste médiatique de service public.

Un plateau hors-sol

L’ancien ministre n’est pas le seul à avoir dû prêter allégeance au système. Benjamin Biolay a également dû montrer patte blanche. « Vous êtes toujours de gauche ? », a ainsi lancé à Benjamin Biolay une Sonia Devillers très inquiète d’avoir vu dans une de ses chansons une discrète référence à Michel Sardou. « Ouais, bien sûr, ouais ! », l’a rassuré l’artiste. Ce dernier a d’ailleurs confirmé qu’il était de « la vraie gauche », pas de celle qui « fait semblant », à l’image de ces élus « complètement hors-sol » qui se désolent de la suspension de la réforme des retraites…

Et si les gens « hors-sol » étaient plutôt ceux qui méprisent Bruno Retailleau, alors que ce dernier, en juillet 2025 encore, était le ministre le plus apprécié des Français ?

Le devoir de réserve bafoué

La pique envoyée à Bruno Retailleau est d’autant plus choquante qu’elle foule aux pieds le devoir de réserve qui incombe à Alain Juppé. Membre du Conseil constitutionnel, il a pour obligation de « s'abstenir de tout ce qui pourrait compromettre l'indépendance et la dignité de leurs fonctions ». L’article 2 du décret n° 59-1292 du 13 novembre 1959 sur les obligations des membres du Conseil constitutionnel ajoute que ses membres « s'interdisent, en particulier pendant la durée de leurs fonctions, de prendre aucune position publique »
Mais ce dérapage s’avère en réalité très révélateur. Grâce à lui, on comprend mieux certaines décisions récentes du Conseil constitutionnel. C’est en effet cette instance qui a désossé la fameuse loi Immigration, en janvier 2024. C’est elle, aussi, qui a censuré, en mai 2025, une disposition qui prévoyait la possibilité de placer en rétention des demandeurs d’asile. C’est encore elle qui, en août 2025, a retoqué l’allongement de la durée maximale de rétention pour les étrangers jugés dangereux.

Alain Juppé fait partie de ces « sages » qui se sont opposés avec constance aux efforts de Bruno Retailleau. Il fait également partie de cette droite molle, bien-pensante et prête à tout pour plaire à la gauche. Durant toute sa carrière, il a donné raison à Maurice Druon qui avait l'habitude de dire : « En France, il y a deux partis de gauche dont l'un s'appelle, par convention, la droite. » On en a eu une nouvelle preuve, ce samedi soir.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

188 commentaires

  1. Il y a une dizaine d’années, à une question posée par un journaliste sur les infidélités de son mari, Bernadette Chirac répondit « Oui mais Juppé c’est encore pire ». Juppé avait « piqué » la femme de Philippe Séguin (entr’autres). Cet individu sans foi ni loi devrait se cacher au fond d’un trou. Le pire est qu’il se croit drôle ! Pauvre type !

  2. Un profiteur, qui malgré ses casseroles a fait une bonne carrière et bien pourrie la France. Et ça se dit de droite.

  3. Juppé, 80 ans au compteur, bien nourri, bien soigné, et très bien payé par Nicolas, s’en fout complètement de la droite ou de la gauche, pour lui le but est de rester à son poste le plus longtemps possible, parce que quand même en plus de toutes ses retraites cumulées un siège au conseil constitutionnel, ça vaut bien toutes les trahisons. Juppé est le chef des mercenaires qui cohabitent avec Macron et les gauchistes de tout poils.

  4. Tous les invités de cette émission doivent décliner leur sensibilité gauchiste au risque d’être pourfendus , et ce pauvre Juppé qui a trouvé un refuge dans les ors de la République et ses instances supérieures en reniant tel un Judas ses anciens partenaires. Cette séquence a fait beaucoup rire les invités autour du plateau de la Salamé comme à l’époque de l’ Inquisition où les juges s’adjugeaient l’auditoire par leurs prétendues preuves de culpabilité. Pauvre télévision publique avec son cortège de bien piètres présentateurs, mais au delà tous ces supposés personnages du showbiz doivent prêter allégeance à la bienpensance gauchiste pour ne pas être écartés du monde du spectacle.

  5. Vous m’ôter du clavier la référence à Maurice Druon.. Je n’ai pas regardé l’émission, mais la recension que j’en ai eue par la presse me conduit à m’interroger sur la santé mentale de Monsieur Juppé. Comment peut-on, avec son expérience politique et depuis son siège au Conseil constitutionnel, tenir de tels propos sur les hommes politiques du moment ?
    En outre cet homme est un délinquant condamné. Néanmoins il siège au Conseil constitutionnel… Quelle belle image de notre démocratie ! Cet homme qui fut un soutien de Foutriquet, a donné toute sa vie la France en pâture à l’Europe totalitaire et à l’immigration envahissante. Il ne mérite pour l’ensemble de son œuvre, que le mépris et le dédain.

  6. je vais donné 2 exemples d’ hommes politique qui ont décroché mais qui sont quasiment de la même génération 1) ALAIN JUPPE 2) PHILIPPE DE VILLIERS tous les deux de droite mais nous voyons la difference dans leurs interventions JUPPE a soutenu avec les socialistes le oui pour Maastricht et termine dans le ventre mous du centre droit . DE VILLIERS a soutenu le non pour MAASTRICHT et restera toujours dans le camp des patriotes .Le temps est maitre de tout et 20 ans après et les masques tombent alors qui avait raison JUPPE ou DE VILLIERS

  7. Et mademoiselle Nothomb, n’a -t-elle pas bafoué aussi le devoir de réserve, elle qui n’est pas Française ???

  8. Elle ne ne régale pas uniquement la gauche, mais aussi la « droite » : RN, Reconquête, UDR,… côté politique, et VA, BV… côté médias

  9. je crois que l’on dira bientôt bon vent et ciao à Juppé il rejoindra un jour ou l’autre le Panthéon des destructeurs de la France, sans fleurs ni couronnes.

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