Lynchage de Quentin : une certaine gauche entre inversion accusatoire et joie macabre

Sur France Info, le député LFI Éric Coquerel s’est attelé à un exercice d'inversion accusatoire.
Capture d'écran
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Tout semble accuser l’extrême gauche. Dans la soirée du jeudi 12 février, Quentin, jeune homme de 23 ans, a été passé à tabac à Lyon par plusieurs individus susceptibles d'appartenir à la mouvance dite « antifasciste ». Il serait actuellement en état de mort cérébrale.

Selon les premiers éléments, le drame a eu lieu en marge d'une conférence donnée par la militante pro-palestinienne Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Quentin y aurait été présent afin d’assurer la sécurité du collectif féministe Némésis, qui s’était rassemblé aux alentours de l’IEP afin de protester contre la venue de l’activiste « insoumise ». Selon Alice Cordier, présidente de Némésis, le jeune homme a été la victime d’une « extrême violence » : « Les antifascistes l'ont fait tomber à terre et l'ont tabassé, le laissant pour mort dans la rue. Quentin a été balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied. » Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « violences aggravées ».

Dans un communiqué, le collectif Némésis dit avoir reconnu parmi les agresseurs du jeune patriote Jacques-Élie Favrot, un collaborateur parlementaire du député LFI - et délinquant - Raphaël Arnault, « membre actif de la Jeune Garde ». L'enquête en dira plus. Cette « Jeune Garde », co-fondée par Raphaël Arnault, a été dissoute en 2025 par le ministère de l'Intérieur qui lui reprochait « des agissements violents ». Une décision qui a fait l'objet d'un appel devant le Conseil d'État.

Mais malgré ces éléments a priori accablants, une partie de la gauche a décidé de faire front avec les agresseurs de Quentin. Sur X, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a ainsi semblé rejeter la responsabilité du drame sur « les groupuscules fascistes » qui auraient tenté de « perturber » la conférence de Rima Hassan. Éric Coquerel, sur France Info, s’est attelé à la même inversion accusatoire et a pointé du doigt les « ratonnades » et autres « actions de l'extrême droite » sans en donner le moindre exemple : « Peut-être que certains groupes ont considéré que la police n'agissait pas assez contre ces groupuscules identitaires, et qui ont dû penser qu'il fallait recourir eux-mêmes à se défendre », a-t-il estimé, à deux doigts de justifier le recours à la violence contre ses adversaires politiques. Mise en cause dans cette affaire, Rima Hassan, tout en ayant fait part de son « effroi », a présenté le lynchage de Quentin comme la suite d’un vieil « affrontement entre néonazis et antifascistes ». En clair, le jeune homme en état de mort cérébrale serait un suppôt d’Hitler.

L’inversion accusatoire

Au-delà des rangs mélenchonistes, de nombreuses figures de gauche ont adopté cette stratégie de l’inversion accusatoire. L'eurodéputée socialiste Chloé Ridel, tout en déclarant que « le lynchage à mort du jeune Quentin est insupportable », a tenu à rappeler qu'« on ne répond pas aux provocations de l’extrême droite par la violence physique. Sinon, on reproduit le fascisme que l’on prétend combattre. » Faut-il comprendre que cette « extrême droite » qu'elle évoque est « fasciste » ? Il est vrai que, pour beaucoup de gens de gauche, quand on est de droite, on est vite « d'extrême droite » et, par conséquent, « fasciste »... « Ne soyez pas nazi, et jamais vous ne rencontrerez de militants prêt (sic) à se défendre face au serpent fasciste », a lancé le militant Gabin Plantet. Journaliste chez Blast et Arrêt sur images, Camille Stineau est très clair : « Les partis de gauche institutionnels, vous êtes bien contents quand il y a des antifas autour de vos événements pour vous protéger des fachos. Mais le jour où la bagarre est un peu trop violente et qu’un nazi meurt, vous jetez les antifas sous le bus ? Faut aller se faire foutre. »

Exactement sur la même ligne, Marie Coquille-Chambel, chroniqueuse au média d’extrême gauche Politis, a ouvertement dédouané les agresseurs de Quentin. « Des années que le collectif Némésis joue sa carte politique en attaquant des événements de gauche afin de créer des images d’agressivité envers elles. La mort du militant nationaliste Quentin est de leur fait, leur méthodologie ne pouvait que mener à la violence extrême, a-t-elle vomi, sur X. La violence de l’extrême droite peut se redoubler davantage envers les personnes identifiées comme antifascistes. Tenons la ligne. »

L’apologie du meurtre

Sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes individus - dont une bonne part arborent des drapeaux étrangers dans leur bio - se sont réjouis du lynchage de Quentin : « Le nazi de Lyon est mort », « Hitler dead », « 20 ans qu’il aurait dû être avorté », « Ce qui est une tragédie, c’est qu’il n’y a pas de vidéo pour en faire un mème », etc. Quand Némesis observe que « l’extrême gauche tue », une certaine Lisa lui répond « pas assez ! ». Quand un pro-palestinien suggère qu’il n’est « pas malin de tuer un faf à une petite année des élections », son collègue Yanis lui répond : « On s’en branle vraiment. Rigolons un bon coup et passons à autre chose, l’opinion public (sic) aura oublié dans deux jours. »

Cette joie macabre, abjecte, n’est pas nouvelle. On se souvient de ces jeunes progressistes qui avaient débouché le champagne à l’annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen, de ceux qui avaient regretté que l’accident de voiture de Marion Maréchal ne lui ait pas été fatal, de ceux qui avaient applaudi l'assassinat de Charlie Kirk par un militant antifa. Ce sont exactement les mêmes qui, aujourd’hui, rient de la mort de Quentin. Certains d’entre eux souffrent probablement d’une névrose paranoïaque et croient sincèrement avoir affaire à des « fascistes », mais beaucoup d’autres sont parfaitement conscients de leur procédé retors. Ceux-là nazifient des innocents dans le seul but de légitimer leurs pulsions criminelles et de s’auto-attribuer un permis de tuer.

Il y a quelques mois, Elon Musk avait choqué la bulle médiatique lorsqu’il avait déclaré que « la gauche est le parti du meurtre ». Difficile, désormais, de lui donner tort.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

112 commentaires

  1. Tant que LFI et ses suppôts seront reconnus dans l’arc républicain la menace d’une guerre civile pèsera sur le pays. J’attend les réaction du gouvernement.

    • Vous pouvez toujours attendre !
      Les dernières élections, présidentielles comme législatives, ont démontré que sans le soutien, implicite par les désistements mutuels aux législatives ou affiché aux deuxièmes tours des présidentielles (au pluriel) , de LFI, ce gouvernement, ces gouvernements, ne seraient jamais advenus !

  2. C’est à voir..! Quel monde laisse t’on à nos petits enfants? Une société faite d’irrespect, de haine de violence de mort…! Le pays est piétiné bafoué humilié, on assassine et il s’y trouve des gens qui s’en réjouissent. Je ne nommerais pas ces gens « d’hommes » car ils n’ont montré aucun sentiment d’humanité, aucun intelligence aucune valeur morale que leur vile bestialité . Je pleure pour Quentin pour Thomas pour tous ceux dont on immole trop vite le souvenir sur l’autel décadent d’une idéologie mortifère. Je pris pour eux tous

  3. La France glisse doucement mais surement vers une guerre civil grâce à la gauche de Mélenchon et il se trouve des partis dit de droite molle pour voter pour eux, Atall, Edourd Philippe … .
    Si la droite gagne alors en France ce sera vraiment la guerre civil.

    • « La guerre civile est moins détestable que la guerre avec l’étranger. On sait du moins pourquoi l’on s’y bat ! » Anatole France.
      Effet induit subsidiaire : remettre les pendules à l’heure avec certains.
      En effet, ainsi que l’affirmait Montesquieu : « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent, mais ceux qui les ont rendues inévitables… »

  4. Dès qu’on n’est pas d’extrême gauche, on est « fasciste », « nazi », « extrême droite ». C’est automatique…

    • Coquerel bompard melenchon sont les complices idéologiques des néo nazis qui ont assassiné Quentin

  5. Le député LFI, militant à la Ligue communiste révolutionnaire, Éric Coquerel, un exemple de ce que ne peut supporter l’humanité, de surcroit coordinateur du parti de gauche a l’assemblé, qui n’existerait plus sans la Nupes nous a fait un exemple de ce qu’est la mentalité de gauche et ses fascistes de la jeune garde, antifas plus fascistes que les anciens fascistes.

  6. On croit revivre Crepol c’est non seulement insupportable cette tentative d’inversion des coupables.Du fait que Quentin était catholique et engagé pour le service des autres autant d’éléments qui justifieraient son lynchage par ces ultras gauchistes

  7. Melenchon porte une lourde responsabilité, dans son groupe, beaucoup de voyous et de pervers ainsi que toute la gauche dans son ensemble (affaire Cottineau, Olivier Duhamel, Gérard Miller dont les enquêtes sont en cours, maintenant affaire Epstein qui éclabousse des personnalités politiques et affairistes) cela commence à faire beaucoup

  8. Je ne comprends même pas que R. Hassan puisse être autorisée à déverser sa haine devant des étudiants dont on connaît bien la malléabilite des cerveaux : en 1968 aussi on avait manipulé les étudiants

    • La responsabilité du directeur de sciences po Lyon est totale ! Qu’attend le premier ministre et le ministre de l »enseignement supérieur pour le suspendre et enquêter ? Ca suffit !

  9. Les Communistes furent complices de Hitler, Staline, Trotski , Mao, Ceaucescu, Pol Pot, les Kim, Honnecker, Castro, Maduro, Mengitsu et maintenant Poutine; Kim, Xi… Ce sont des menteurs pathologiques qui rêvent de dictatures sanglantes.

  10. Quand on entend les retournements accusatoires des représentants de LFI modèles de la bien pensance, ce jeune homme Quentin était tout sauf ce qu’il était. Les discours entrepris par ces voyous de la république sont à vomir. Seulement il y a un Seulement, de nombreux témoins et des vidéos qui permettront, espérons le, à l’enquête de fixer les responsabilités à tous les niveaux et jusque dans l’assemblée nationale.

  11. Une fois de plus « ils » veulent faire passer les victimes pour les agresseurs . Ils étaient menteurs , lâches , violents et maintenant criminels .

  12. Commençons déjà par ce Cocquerel dont le poste accordé a l’assemblée par l’éleveuse de poules a pour cadre la faiblesse de la fausse droite offrant sur un plateau un titre honorifique pour esperer trouver le calme en récompense. Concernant l’appellation antifa que personne ne conteste , elle laisse entendre que tout ce qui n’est pas à gauche est donc fasciste. Il semble utile de rappeler que l’inventeur du fascisme se nomme Mussolini et était socialiste , rappelons aussi les racines du NSDAP parti national socialiste des travailleurs allemands. La suite on la connaît.

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