[POINT DE VUE] Au Festival d’Avignon, le wokisme dans tout son éclat

Au Festival d'Avignon, la culture officielle française, de plus en plus conformiste, confine à la caricature.
Avignon spectacle Jeanne d'Arc

Le wokisme est-il mort ? C’est la question que se posait, cette semaine, un journaliste, sur CNews. En tout cas, pas chez les tenants du Festival IN 2025 d’Avignon qui s’achève et semble avoir, au contraire, dix ou quinze ans de retard. Si l’on en croit un article publié, cette semaine, dans Marianne, la culture officielle française, de plus en plus conformiste, confine à la caricature. Quid novi sub sole ?, rien, sinon l’éternel rabâchage des poncifs politico-subventionnés. Et le festival IN 2025 d’Avignon est entré, dix ans en retard sur les États-Unis, dans l’ère du woke et de ses combats.

Un condensé de toutes les « wokeries »

À tel point que le journal Marianne pose la question de la neutralité d’un tel festival, de plus en plus proche d’une tribune militante que d’un véritable projet artistique. Parler ici de neutralité, de liberté d’expression, d’invention ou d’originalité relève de plus en plus de la gageure. Le Festival In d’Avignon est devenu une sorte de condensé de toutes les wokeries les plus wokeuses du moment, mais avec quinze ans de retard au compteur.

Début juillet, son directeur Tiago Rodriguez publiait, dans les saintes écritures de Télérama, une tribune pour dénoncer les massacres orchestrés par l’État israélien. C’est son droit. Sauf que le Festival d’Avignon est financé essentiellement par l’argent public. Et dans la foulée, on retrouvait les principaux sujets qu’il faut avoir pour « être in » comme lui. Avec la gauche radicale et le combat pro-palestinien qui tient le haut du pavé, sans oublier l’éternel féminisme avec le procès Pélicot ou, bien sûr, les migrants, cette année version Liban : que de l’inattendu ! Un condensé de tous les poncifs culturels du moment.

Un spectacle Jeanne d'Arc aux allures de combat de boxe

Et s’il avait fallu un peu mieux m’en convaincre, dans le cadre des revisitations convenues, une nouvelle Jeanne d’Arc est venue nous rappeler à notre devoir d’insolence dans la version Festival Off Avignon. Cette nouvelle vague, intitulée Dissonance Jeanne d’Arc — et il est vrai que pour sonner faux, elle donne le la. On aurait pu tout aussi bien prendre Hitler, maman les petits bateaux ou la poupée Barbie qui dit non. Mais c’était Jeanne d’Arc… On y représente une émission de radio à la transgression décalée jusqu'à l’absurde. « Une dessinatrice LGBT+, un prêtre anarcho-monarchiste, une mystique façon sainte Thérèse, un juriste psychorigide, un metteur en scène insoumis et une journaliste d'extrême droite s'affrontent dans une émission dite de "culture", enregistrée dans les conditions du direct au théâtre des Carmes. Le sujet du débat : Jeanne d’Arc ! » : on jubile. Ce qui devait être, nous apprend-on, un chaste exercice de divertissement intelligent prend des allures d’un combat de boxe. Il est question « d'une jeune femme de 19 ans, de son corps érotisé et supplicié, de la foi, de la guerre. Un spectacle où le bouffon est roi et l'insolence salvatrice. »

Comme l’antique wokisme, on croyait Olivier et son Festival Py d’Avignon disparus : qu’on se rassure, notre culture conforme, rabâcheuse, estampillée DRAC, n’est pas morte ; elle a encore de beaux jours devant elle. Tiago Rodriguez est là, et la relève est assurée.

Picture of Jean-Pierre Pélaez
Jean-Pierre Pélaez
Auteur dramatique

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Je ne comprends pas ce que la Mairie de VERSAILLES fait la bas en louant 2 théatres, nous n’avons plus rien à faire la bas , terre de WOKISME, surtout avec mes impots – gabegiie de plus

  2. Le « Père » du Festival d’Avignon (originellement « Une semaine d’art en Avignon ») n’est autre que Jean Vilar, en 1947. Depuis et graduellement surtout depuis une vingtaine d’années le Festival a viré au n’importe quoi de la bien-pensance ….un n’importe quoi très coûteux en outre…pour Nicolas évidemment, devenu l’icône du contribuable français. Donnons dans l’art de la repentance pour une fois et demandons pardon à Jean Vilar au nom de tous les véritables amoureux de tous les Arts véritables et non au nom des amateurs du foutoir organisé.

  3. Je sais que Dame Dati n’était pas la bienvenue à ce festival qui est depuis bien longtemps un festival de gauche mais les subventions tombent toujours qu’elles soient de droite ou de gauche, suppression des subventions et tout ira mieux.

    • Bien sur que oui, le bon sens doit prévaloir mais dans la pratique c’est autre chose
      Vu que tout , de toute façon est télécommandé par la gauche on ne s’en sortira pas
      On nous dit de faire des efforts et bien qu’on rogne sur ce ministère qui de toute façon ne rapporte rien, vu les daubes cinématographiques qu’on nous sert, plus aucune subvention que ce soit festival, films, théatre, s’ils sont bons ils s’en sortiront comme le Puy du Fou, les murmures de la cité massacrés par la gauche car trop réaliste et tant d’autres bon spectacles français et non politisés côté gauche

  4. Encore un article sur ce festival et lui faire de la lumière alors que ça devrait rester dans l’obscurité …..

  5. Ah, au moins, ce sujet nous vaut le plaisir de revoir la plume de Jean-Pierre PELAEZ! Bien entendu, j’ai acquit le voyage des Pèlerins, que je garde pour l’hiver…

  6. Personnellement j’assiste au festival d’Avignon et je suis absolument contre le wookisme. Il y a de très bons spectacles, il faut savoir écouter les réactions des spectateurs et choisir. Cette année pas de déception ! Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain et voyez par vous même avant de jeter l’anathème

    • Ah oui et la banderole aux couleurs de la palestine au début de ce festival vous en pensez quoi tout comme les propos du directeur semble t il ?

    • la crasse, l’odeur d’urine omniprésente et l’extrême chaleur ont eu raison de ma volonté de m’y rendre .

    • Au delà du festival d’Avignon et en élargissant le constat portant sur  » les nouveaux metteurs en scène »,j’ai toujours été ulcéré de voir la façon dont ces pseudo génies de la mise en scène enlaidissait des oeuvres majeures,en faisant apparaitre des personnages vêtus façon contemporaine et évoluant dans des décors modernistes,alors que l’action se déroule au 18 ème siecle,sur des musiques écrites à l’époque.Je pense à Mozart,notamment.Certes,ce genre de programmation classique n’intéresse qu’une minorité de personnes . .N’empêche que la transgression provocatrice et agaçante de type festival d’Avignon est identique ,et consiste à dénaturer ,enlaidir et déconstruire le beau en lui substituant le laid .

  7. Ce qui n’est pas normal, c’est que cette gabegie est grassement financée avec l’argent public, l’argent substitué à « Nicolas », ce même argent qui finance l’Humanité au lieu de financer des services publics en milieu rural. J’aimerais une fois pour toute savoir qui décide quels spectacles, quels journaux, quels médias, sont financés par l’argent de nos impôts ? Le contribuable a t’il juste un mot à dire quant à l’utilisation de l’argent qu’on lui substitue ?

  8. Avant on avait un roi qui s’il n’allait pas voir une pièce de théâtre cette pièce n’avait pas d’avenir mais dans ces temps là la France était un pays de lumière.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois