[POINT DE VUE] Euthanasie : il y a les grands discours vides… et il y a sœur Agnès
On le sait, la loi Euthanasie (qu’il ne faut surtout pas appeler par son nom) a été adoptée par l’Assemblée nationale. Il faut maintenant qu’elle passe au Sénat, puis une éventuelle commission mixte paritaire, selon l’interminable principe de la navette parlementaire – qui, en l’espèce, arrange peut-être ses opposants, puisqu’un espoir est encore permis. On entend bien, de temps à autre, des députés courageux, de tous les bords politiques, s’opposer à cette rupture anthropologique majeure. Nous en avions déjà parlé dans ces colonnes. Cependant, le faible crédit que l’opinion publique accorde à la représentation nationale rend leur prise de parole moins audible qu’elle ne devrait l’être. On en oublie, par exemple, que si cette loi est finalement adoptée par les deux chambres, quiconque tentera de dissuader l’un de ses proches de se faire euthanasier sera passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende. Même chose pour les responsables d’hôpitaux qui refuseraient que cette ignominie républicaine soit perpétrée dans leurs murs.
Les religieuses qui refuseront l’euthanasie dans leurs maisons de retraite et hôpitaux encourent une peine de 2 ans de prison et 30000 euros d’amende selon la proposition de loi sur l’euthanasie.
Nous sommes venus à l’ONU pour dénoncer cette véritable persécution!
Ne laissons pas… https://t.co/Ux1YB237iS— Grégor Puppinck (@Gregor_Puppinck) March 3, 2026
Pour tenter de faire passer la pilule, tous ceux qui aiment la mort ont recours à des incantations creuses et vides, sommairement décalquées d’un culte de soi maçonnique qui ne dit pas son nom. Quelle merveilleuse « avancée » que de pouvoir choisir, sans justification réelle et sérieuse, comme on dit dans le monde du licenciement, de mettre un terme à sa propre existence ! « La mort devrait être un service public gratuit pour tout le monde, comme la naissance », disait, cocassement, Pierre Desproges, dans son spectacle, avant de demander qu’on l’enterre dans un sac poubelle, « si possible bleu, ça me rappellera mes vacances à Corfou ». Il ne pouvait pas penser que la République prendrait ça au pied de la lettre.
Candeur lumineuse
Bref, il y a les grands discours, et puis il y a sœur Agnès. Sœur Agnès est médecin et religieuse. Elle fait partie de la congrégation des Petites Sœurs des pauvres, dont la vocation est d’accueillir les personnes âgées, dépendantes, handicapées ; les plus faibles; en un mot. Cette semaine, lors d’une session du Conseil des droits de l’homme à Genève, sœur Agnès s’est déplacée en Suisse pour rencontrer le rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction et l’informer de toutes les peines prévues par la nouvelle loi française sur la mort pour tous. « Notre mission est de prendre soin des pauvres, des personnes âgées, des malades, des personnes porteuses de handicaps, des plus vulnérables. Or, une loi actuellement en discussion en France prévoit de légaliser l’euthanasie, selon une procédure permissive, expéditive et répressive », a-t-elle dit. Et puis, elle a expliqué ce que nous venons de décrire : la prison pour ceux qui veulent avoir la conscience libre ou dissuader leurs proches de se supprimer. La violation est évidente et sœur Agnès, debout, si douce et si calme, bonne sœur dans un monde agressivement laïc, en appelle aux Nations unies pour qu’elles intercèdent auprès du gouvernement français.
C’est inutile, peut-être. Le magistère moral des Nations unies est respecté quand cela arrange les États membres. Le reste du temps, les gouvernements s’en foutent complètement. Il n’empêche : il y a quelque chose de très émouvant dans le fait de voir cette dame, âgée et pourtant presque enfantine dans sa candeur lumineuse, debout, seule, pour porter dans cette enceinte la parole du Dieu auquel elle croit. Sœur Agnès aura-t-elle gain de cause ? Ou bien les Petites Sœurs des pauvres devront-elles quitter la France pour rester libres de pratiquer leur foi ? On l’ignore encore. Mais oui, décidément, il y a les grands discours et il y a sœur Agnès. Il n’y a pas besoin d’être catholique pour voir l’hypocrisie totale de cette loi : le mot « euthanasie » (« mort heureuse » ou « bonne mort », en grec) est en soi une imposture – et même celui-là, on n’a pas le droit de l’employer. Ces minauderies sémantiques montrent en elles-mêmes que le corps législatif - tout du moins sa majorité - n’a pas la conscience tranquille. Sœur Agnès, si. Que les Nations unies l’écoutent…
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50 commentaires
Soeur Agnés exprime une opinion respectable conforme à une idéologie chrétienne catholique respectable. Mais il existe d’autres opinions sur la vie et la mort, tout aussi respectables. En France les chrétiens catholiques pratiquants, cad allant à la messe régulièrement, représentent à peine 4% de la population.
Les français qui se disent protestants sont 3%.
Les musulmans (7–8%) suivent leur chemin.
Bref : il fallait faire aussi la place aux autres….C’est ce que la loi a tenté de faire.
Bien remarqué.
Je suis laïc et jusqu’alors plutôt tolérant vis à vis du catholicisme qui fait partie de l’histoire de mon pays, la France.
Mais cette polémique montée de toutes pièces par les milieux catholiques extrémistes, m’ont fait comprendre (et je ne suis pas le seul dans mon entourage) que toutes les religions sont dangereuses pour les libertés individuelles, y compris la religion catholique et ce n’est pas pour rien qu’elle fut combattue dans les 2 siècles français.
Je ne vois plus le catholicisme de la même façon. Toutes les religions sont la même menace.
Messieurs Dames les députés : de quel droit vous permettez vous de rentrer dans la plus grande intimité des gens ? Pour l’argent ? On se réveille quand ???
Que signifie légaliser la mort ? Etes-vous de bonne foi lorsque vous écrivez cela ? Le problème est complexe : que lui apporte la caricature ?
C’est quand même assez délirant de se voir répondre par des gens dont pas un n’a lu le texte de loi.
NON AUCUN SOIGNANT NE SERA OBLIGÉ A PRATIQUER UN EUTHANASIE, l’affirmer est totalement mensonger.
NON SEULS LES GENS EN FIN DE VIE, EN GRANDE SOUFFRANCE, SANS ISSUES, POURRONT FAIRE LA DEMANDE ET ELLE SERA EXAMINEE A PLUSIEURS NIVEAUX AVANT UN ACCORD ET APRES PROPOSITIONS DE TOUTES LES SOLUTIONS PALLIATIVES.
ASSEZ DE DESINFORMATION, on se croirait sur un média d’Etat dans l’autre sens.
je vous trouve bien optimiste…vos descendants connaîtront une évolution de cette loi qui sera identique à celle de l’avortement: de volontaire elle deviendra obligatoire pour les soignants.
TOTALEMENT FAUX, les médecins et soignants ont un droit absolu à refuser de pratiquer un avortement.
Aucun cas litigieux n’a porté à la connaissance des tribunaux ou de l’ordre des médecins, au moins pour ces 20 dernières années où les archives sont en ligne.
Et bien évidemment il n’y aura aucune évolution de la loi comme pour le pacs : « non il n’y aura jamais de mariage homsexuel, finalement… oui, mais il n’y aura jamais d’adoption pour les couples homosexuels, finalement…, oui mais il n’y aura jamais de GPA, finalement…
Donc là ça sera pareil comme au Canada, vos enfants dépressifs veulent se faire euthanasier pas de problème et si vous vous y opposer allez hop en prison.
Vous vous opposer au gouvernement, vous allez voir des sites « d’extrêmes droites », vous êtes complotiste donc probablement atteint d’une maladie mentale, allez hop euthanasie, plus besoin de juge et de tribunal, décision « médicale » et administrative.
J’exagère ?
Le problème est qu’en France quand on pond une loi il y a toujours des dérives par la suite, cela est et a toujours été comme cela chez nous.
Vous voyez une personne enjamber le parapet d’un pont pour se jeter dans le vide. Que devez-vous faire ?
Aujourd’hui, si vous ne tentez pas de le retenir, vous serez condamné pour non assistance à personne en danger. Demain, si vous tentez de le retenir, vous serez condamné pour délit d’entrave.
Merci à sœur Agnès pour son plaidoyer contre l’euthanasie. Je partage son point de vue. On ne peut pas ajouter un droit à mourir en retirant la liberté de conscience aux soignants. Soignants qui s’engagent à soigner, accompagner, et non à tuer !
On a voté contre la peine de mort en 1981, contre les grands criminels, et on veut en 2026 voter une peine de mort pour les cas désespérés, mais innocents ?!! La solution : des soins palliatifs, plus et mieux, et de L’AMOUR pour donner envie et courage de vivre… On se débarrasser de ses déchets, et un être vivant n’est jamais un déchet !
AUCUN SOIGNANT NE SERA OBLIGER DANS LE TEXTE DE LOI.
mon oeil….juste un peu de patience et ça viendra. Une fois la loi votée il n’y aura plus d’obstacle à passer du volontariat à l’obligation.
On verra ….
Comme avec le rivotril ?
oOn ne peut pas dépenser l’argent en subventions à fonds perdus et dans le même temps penser à doter le pays de plus d’établissement de soins palliatifs .
Le vote définitif sur l’euthanasie devrait être nominatif, et les médecins refusant d’accomplit l’injection létale devraient pouvoir convoquer, à tour de rôle, les députés favorables afin qu’ils le fassent à leur place, puisque c’est leur intime conviction. Oui je sais, je rêve…
Excellente idée de mettre les députés face à leur responsabilité … qu’ils » tuent » eux-mêmes en pratiquant les injections
Ce sont les mêmes qui sont des va- t-en guerre sans avoir fait de service militaire..
Vous seriez peut-être étonné et déçu de voir le nombre de députés qui injecteraient le produit létal sans état d’âme !
Comme pour l’avortement, aucun médecin ni soignant n’est tenu à l’acte. Leur droit de refus est clairement acté dans la loi.
Poser le catholicisme comme arbitre à la loi « droit à mourir » je persiste » est à mon sens, à coté du sujet. Pour moi il s’agit pour chacun de se déterminer, s’il en était besoin, sur ce qu’est la vie et ce qu’on en fait. J’ai l’impression que le positionnement de Soeur Agnès, religieuse enflamme plus le débat que celui de Soeur Agnès médecin. Bof Soeur Agnès est en plein accord avec sa conscience, que chacun en fasse autant !
Quel courage…
A quand on en arrivera à négocier entre un toubib pas regardant et un notaire vaseux la mort de Pépé ou Mémé ayant une bon pactol ? certains les laissent déjà crever dans des Ehpads mourroirs , elle est belle cette humanité !! il n’y a qu’à voir le niveau des 40% des députés et l’on a tout compris !!
C est ce qui se passera effectivement .
I y a les pour et il y a les contre. Il n’y a pas besoin d’être catholique pour être contre et inversement un catholique peut être pour. Je persiste : c’est un choix qui relève de l’intime. Le vécu y prend sa part.
Effectivement, qu on ne mette pas les cathos à toutes les sauces.
Dans la religion catholique, le suicide est un péché. Mais il n’est pas interdit ! Pourquoi empêcherait-on un malade souffrant, a fortiori s’il n’est pas croyant, de se suicider ? Car c’est de cela qu’il s’agit…
Et les abus à venir ??
Ils n y pensent pas car tout le monde est beau et gentil ! Qu on mette les moyens pour les soins palliatifs.
Un péché pas interdit ? Je pense que le suicide assisté, comme celui pas assisté, est un péché pour Dieu. Et la société n’a pas à se mêler de ce geste, sinon pour prévenir et empêcher. Croyants ou pas, la médecine a prêté serment pour soigner, non tuer. Quant on va à l’hôpital, quelque soit notre maladie, on doit être sûrs qu’on y sera soignés, pas euthaniés…
ah mais s’il s’agit d’un » suicide » le malade en question devra s’injecter lui même la dose létale…. et si pour des raisons lié à la maladie il ne peut le faire, pourquoi quelqu’un qui est là pour soigner, accompagner, soulager devrait le faire ? c’est tout le problème, faire porter par quelqu’un d’autre un choix personnel …. et ensuite s’il se trouve des » candidats » volontaires pour accomplir cet acte, n’est ce pas la restitions du » métier » de boureau ? dans tout les cas c’est une régression morale de mon point de vue.
Réponse à Reney: personne n’a le droit de tuer. Est-ce être un mollah fanatique que de dire cela?
En revanche, l’euthanasie à été mis en place par le régime nazi: Action t4: « la mort miséricordieuse »…
L’Eglise catholique s’y était déjà opposé à l’époque. Elle continuera, même sous les insultes. Une loi votée s’impose aux catholiques aussi. Nous ne voulons pas y être contraint. Cela s’appelle la liberté de conscience.
Pour interdire à ceux qui souffrent sans aucun espoir, de disposer librement d’un corps qui est le leur, l’église catholique fait preuve d’un fanatisme qui n’a rien à envier aux mollahs.
De quel droit, les catholiques prétendent décider de la vie de tout ceux qui ne partagent pas leurs croyances ?
De quel droit voulez-vous obliger des religieuses soignantes à donner la mort ? De quel droit pouvez-vous leur interdire leur liberté de conscience ? Si un jour je fais le choix de mettre fin à ma vie, de quel droit irais-je détruire la vie d’une autre personne ?
Votre question peut vous être retournée. De quel droit la mort programmée peut-elle être imposée à tout le monde ? Ne venez pas nous rabâcher les sempiternelles arguments : « ce sera encadré, il faudra un consentement libre et éclairé ». On en connait la valeur de ces belles paroles. Quand on refuse d’employer les vrais mots pour ce qu’ils sont, à savoir : mort, suicide, on peut être assuré qu’il y aura un loup et sans doute pas qu’un.
Réponse à Reney :
De quel droit ? Du même que le vôtre, qui prétend décider de la mort des cas soi-disant « désespérés « , qu’ils soient croyants ou pas.
Et le droit à vivre est beaucoup moins violent et définitif que le droit à mourir !
Contrairement à vous qui voulez votre conception du monde et de la souffrance imposée coûte que coûte, jusqu’à l’horreur s’il le faut à tous, je défends la liberté de choix qu’offre cette loi.
Laissez les catholiques. Eux au moins ne tuent pas et ils sont plus tolérant que vous le pensez. Il n y a pas de fanatiques dans cette religion. La preuve, ils tendent souvent l autre joue à mon grand regret.
Je ne suis pas Médecin, mais je les plains beaucoup. Comment pourront-ils respecter le Serment d’Hippocrate. Cette profession déjà en manque de personnes ne va plus attirer les étudiants. Citoyens de la gauche laïque, ne vous faites plus soigner, les vrais malades pourront en profiter.
A croire que le médecin qui sera obligé de faire un tel acte, repartira avec le sentiment d’avoir fait une bonne action. Non, il paraît qu on ne S en remets pas comme ça.
LISEZ LA LOI, elle n’impose rien aux soignants, qui sont clairement protégés.