[POINT DE VUE] Quatre mots sur l’affaire des « sales connes »

La France post-soixante-huitarde n’est-elle pas en train de retirer les dividendes de la guerre des sexes ?
Brigitte Macron
©Quirinale.it, Attribution, via Wikimedia Commons

L’humoriste et acteur Ary Abittan a été accusé de viol, en 2021, par une de ses anciennes petites amies. Il a été empêché d’exercer son métier pendant trois ans et a bénéficié de deux non-lieux successifs. Et voici qu’il reprenait son job depuis quelques semaines. Mais on a beau avoir été innocenté, par deux fois, par une Justice pourtant majoritairement féminine, majoritairement de gauche et peu suspecte de soumission au patriarcat, la justice parallèle des néo-féministes veille. Son spectacle a donc été chahuté, ce dimanche, par quatre femmes, membres du collectif « NousToutes », et a finalement été interrompu. L’événement n’aurait pas reçu beaucoup de publicité, sauf celle d’un média d’extrême gauche qui avait été prévenu pour l’occasion, si une vidéo volée de Brigitte Macron n’avait pas fait le tour des réseaux sociaux.

Sur cet extrait, on voit Ari Abittan s’entretenir avec la première dame, qui lui demande quel est son état d’esprit. L’humoriste, qui a déjà été pris à partie récemment, confie qu’il a peur. Alors claque, sans réplique possible, une sentence définitive : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors. » « Sales connes » : le mot était lâché. L’entourage de Brigitte Macron a été contacté, évidemment. Pour l’instant, des éléments de langage officiels ont été diffusés à l’AFP : « une critique de la méthode radicale de ceux qui ont perturbé, masqués, le spectacle d’Ari Abittan ». La vidéo, elle, diffusée par le magazine Public, a été précipitamment retirée. Il n’empêche : le mal est fait.

On n’imagine pas Yvonne de Gaulle parler avec une telle verdeur

Un tel événement appelle un minimum de commentaires. Restons-en à trois. D’abord, le commentaire de Brigitte Macron est peut-être ordurier, mais il a été fait en privé. Même si l’on sait, depuis l’Antiquité, que « la femme de César ne doit pas être soupçonnée », la première dame n’a pas, sous nos latitudes, le rôle de représentation et le devoir d’exemplarité que l’on réclame d’une First Lady ou d’une princesse de Galles. Certes, on n’imagine pas Yvonne de Gaulle parler avec une telle verdeur (elle avait fait interdire Les Jolies Colonies de vacances de Pierre Perret à cause du « pipi dans le lavabo »…), mais on peut convenir du fait que les temps ont changé et que nous-mêmes, simples citoyens, parlons avec beaucoup moins de distinction que nos anciens.

Ensuite, la haine du mâle blanc hétérosexuel, présumé violeur en puissance quand ce n’est pas en actes, est une constante du féminisme à la française. Pour condamner le viol de Lola par une Algérienne sous OQTF, pour condamner le traitement que les racailles infligent aux filles présumées « faciles » (comme la jeune Shaïna, brûlée vive), pour défendre les Iraniennes qui meurent pour pouvoir enlever leur voile, il n’y a personne.

Pour qui travaillent ces femmes haineuses ?

Enfin, on pourrait peut-être se demander pour qui travaillent ces femmes haineuses que Brigitte Macron qualifie de « sales connes » avec excès mais pas sans raison. Leurs « collectifs » sont généreusement subventionnés malgré un nombre d’adhérentes plutôt réduit. Les fonds viennent en partie du public (ce qui pose une nouvelle fois la question du consentement à l’impôt) mais aussi de fondations privées, sur lesquelles aucun « Sleeping Giant » de pacotille ne s’est jamais interrogé.

Et puis, il y a tout de même une question subsidiaire, qui dépasse la simple écume de l’actualité. Mai 68 a voulu la libération des femmes. Celles qui prétendent les représenter ont transformé cet objectif louable en justice parallèle, qui traque les hommes, fussent-ils déclarés innocents par deux fois. La France post-soixante-huitarde n’est-elle pas en train de retirer les dividendes de la guerre des sexes ?

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

115 commentaires

  1. Entre Emmanuel qui menace la Chine d’une hausse des taxes douanières et Brigitte qui traite 4 pauvres excitées de « sales connes » … les Macron font de Trump !

  2. BRAVO Brigitte Macron ,! le terme est adéquat pour qualifier ces « féministes » à indignation TRES Variable et sélective , qui m’insupportent et devoient la cause légitime, que j’ai connu dans ma jeunesse : la légalisation de l’avortement, la contraception etc
    De mon temps, la « libération sexuelle » était gaie et épanouie, pas violente , haineuse ou triste, comme ces Virago veulent l’imposer aujourd’hui

    • La libération sexuelle voudrait donc dire que la femme peut être violée sans problème?

      Certes le non lieu n’est pas une preuve d’innocence (le crime de viol n’a pas été prouvé).
      mais de fait, cela veut dire qu’il est possiblement exact.
      En tant que femme XX, genrée XX, je trouve le viol abominable. Que voulez vous.
      Sans doute, dans la bouche de madame macron , cela veut sans doute dire que le viol est admissible?

      • Mais, Tara, les juges ont examiné les éléments présentés par l’accusatrice et ont conclu que les faits incriminés n’étaient pas constitués. Il n’y a donc, légalement, pas eu de viol.

  3. C’est minable mais pas surprise tant les occupants de l’Elysée sont vulgaires et médiocres.
    Pauvre France, que vas tu encore subir.

  4. Donc au titre que les féministes sont des débiles, on va justifier les propos de B.Macron. Désolé mais la « femme » d’un président ce doit de tenir des propos à tout le moins dignes ! donc ni outranciers, ni vulgaires. Après la distribution de baffes à E. macron , nouvelle démonstration « classe » de la Brigitte ! en passant il va falloir arrêter de la qualifier de « première dame », ce titre n’existe pas en France et quand bien même il existerait, moins que toute autre elle mériterait de le porter !

    • « en passant il va falloir arrêter de la qualifier de « première dame », ce titre n’existe pas en France » = tellement vrai.

  5. Désole….. je soutiens Madame MACRON Brigitte pour les propos tenus » sales connes  » envers des pauvres filles désoeuvrées qui traîtent tous les hommes de « violeurs »…..les hommes ne sont pas des Saints….et certaines femmes des Saintes….c’est facile aujourd’hui , de se dire violée….pour faire des procès , POUR ESSAYER DE TOUCHER DE L’ARGENT….FACILE !!!!! on en connait des vierges effarouchées….en résumé , on ne va pas pertuber une représentation de qui que ce soit…..RESPECTER LE PUBLIC qui a payé pour voir un artiste (quel qu’il soit )

    • Le vrai soutien ce serait une tribune dans un grand journal de la part de Madame Macron pour dénoncer en bonne et due forme ces féministes, leur idéologie et leurs méthodes et ensuite pour témoigner « à charge » devant le Tribunal chargée de juger la plainte déposée par Ari Abittan.

  6. Oui, pas 1ère dame, juste épouse du président comme beaucoup avant elle, mais aussi des concubines ou des maîtresses ou encore des 2nde femmes.
    Bon cela dit, elle se savait entendue et a donc provoqué et pourquoi pas ? Certes Tante Yvonne n’aurait jamais dit ça, au demeurant elle ne serait jamais allée voir un humoriste et ne se serait pas trémoussée sur le perron de l’Elysée aux sons d’une musique interlope. Autres temps, autres moeurs !

    • Je vous rejoins, la presse était présente elle se savait entendue, son comportement est partial et politique, une sorte de Benalla. Elle est vulgaire tant dans les propos que dans son physique, finalement elle donne de la voix à Jeanmich, tant son comportement est trivial.
      Ceci dit je ne défends pas les féministes qui sont souvent tout aussi vulgaires, excessives et profiteuses, dommage que cette situation soit déclenchée par elles.

  7. Seule Madame de-Gaulle a pu prétendre au titre de 1ère dame, graduellement, toutes les autres n’ont été en aucune façon représentative de la France.

  8. Puis-je rappeler que Brigitte Macron N’EST PAS « première dame » ? Elle est l’épouse du président. Enfin… jusqu’à preuve du contraire !

    • Ce qui est dommage c’est que les propos de B. Macron, mal venus j’en conviens, cache un véritable problème, celui du non respect judiciaire porté par ces féministes gauchistes. Deux non lieu ont été proclamés, alors ça suffit ces excès gauchistes sectaires et injuste, on ne peut pas briser un homme sous prétexte qu’une hystérique prétend avoir été violée, la justice a tranché, fin de la récrée

      • je suis tout à fait d’accord avec vous – la vulgarité des propos de Mme Macron, n’est que l’écume du vrai problème, même si je pense qu’elle se savait écoutée ( il y avait la presse à coté d’elle) et que donc son propos aurait du être plus modéré.

      • Eh bien on porte plainte contre ces harpies et on les fait condamner. Et si Madame Macron est si brillant que ça elle prend sa plume pour écrire une Tribune dans le Figaro pour condamner l’idéologie et les méthodes de ces nouvelles terroristes du féminisme.

  9. 1- On ne s’est pas ému chez les gens de bien, de la diffusion de la vidéo « Cohen-Legrand », en réunion privée Parfait.
    Je réagis de même pour celle de Mme Macron. Les mœurs changent, chacun en fait son parti, ça continuera et même amplifiera ; dont acte.
    2- « sales connes », propos orduriers? Nous sombrons ici dans des abîmes d’hypocrisie. Terme banal, couramment employé et plus doux quant à qualifier ces ….., mais je n’emploierai pas ici les termes effectivement orduriers qui me viennent à la tête pour éviter la censure….
    3- De là à faire de Mme Macron, qui n’a rien d’une première dame de France, une vedette … je vois là une attitude malsaine, désolante.
    3- Que les Mme Macron, Sarkozy et consorts qui charient un si lourd fardeau d’agressions contre notre pays gardent des sympathies dans le milieu supposé « éclairé » en dit long sur le chemin qui reste à parcourir….

  10. Brichel à beau ne pas être une 1ere dame, elle est l’épouse du président, apparaît donc à tous événements officiels , donc…merci d ‘avoir un peu de dignité… au moins ça quand on n’a pas la classe !

  11. Première dame de France ? A-t-on déjà parlé d’Yvonne de Gaulle en tant que première dame de France ? Bref , les «  connes «  évoquées par cette «  dame «  ont voté par 2 fois pour le couple macron , elles l’étaient donc déjà à l’époque «  connes «  et aujourd’hui , Patacoufin ! la femme de l’élu les renvoie à leur triste condition …c’est ballot !

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