Politique de la ville : Sarah Knafo dézingue Juliette Méadel
« Le risque suprême, c’est de ne rien faire. » Face au mur qu’il voit s’approcher à vitesse grand V, François Bayrou tire la sonnette d’alarme. Le Premier ministre semble prêt à tout envisager pour réduire l'endettement de la France. Y compris négocier avec la gauche. Pourtant, certains, à droite, ne manquent pas d’idées pour faire des économies. C’est le cas de Sarah Knafo qui a proposé, le 27 août, « huit mesures d'urgence » qui permettraient d’économiser 63 milliards d’euros « sans prendre un centime dans la poche des Français ni dans la caisse des entreprises ». Parmi ces mesures, l’eurodéputée propose, par exemple, d’économiser 15 milliards en supprimant l’aide publique au développement, 4 milliards en privatisant l’audiovisuel public, un milliard en supprimant l’aide médicale de l’État (AME) ou encore 8 milliards en supprimant le soutien public à la politique de la ville.
M. François Bayrou, au lieu du désordre parlementaire que vous nous imposez, voilà comment économiser 63 milliards d'euros tout de suite.
8 mesures d'urgence, sans prendre un centime dans la poche des Français, ni dans la caisse des entreprises. ⤵️ pic.twitter.com/7ET58fr0uC
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) August 27, 2025
Cette dernière économie n’a pas eu l’heur de plaire à Juliette Méadel, ministre délégué chargé de la Ville : « Je suis consternée par tant d’ignorance et de dogmatisme borné : la politique de la ville lutte contre l’insécurité, la déscolarisation, la saleté et le trafic de drogue », a défendu la socialiste, ajoutant que « ce budget n’est pas de 8 milliards comme elle le prétend, mais de 609 millions d’euros en 2025 ».
Immédiatement, la compagne d’Éric Zemmour a renvoyé sa contradictrice dans les cordes, moqué son « charabia sentimental » et nuancé son éloge de la fameuse politique de la ville : « Depuis 1981, le trafic a explosé, la saleté a explosé, l’insécurité a explosé, la déscolarisation et l’analphabétisation ont explosé. Pourtant, les crédits de votre politique de la ville ont, eux aussi, explosé. » La députée européenne est également revenue sur le montant avancé par Juliette Méadel, citant plusieurs études difficilement contestables qui attestent que le coût global de la politique de la ville atteint, en effet, un minimum de 8 milliards d’euros par an.
Un « pognon de dingue »
En 2023, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP), aussi, avait sorti la calculette et démontré que les moyens budgétaires et financiers déployés par les pouvoirs publics au nom de la « politique de la ville » atteignaient au bas mot les 10 milliards d’euros. Un chiffre confirmé, la même année, par la directrice de la fondation, Agnès Verdier-Molinié, qui s’appuyait sur un rapport de la Cour des comptes. « À cela, il faut ajouter les dépenses du programme national de rénovation urbaine : environ 600 millions d'euros par an supplémentaires », précisait-elle encore.
Les Français sont rackettés depuis 40 ans pour financer la "politique de la ville" !
Plus de 200 milliards d'€ investis dans les banlieues, l’éducation, les associations… Pour quel résultat ? Zéro !
Ce n’est pas le @RNational_off qui le dit, c’est la @Courdescomptes ! @LCI pic.twitter.com/TNiLFHTO01
— Julien ODOUL (@JulienOdoul) June 2, 2025
Mais, comme le dit Sarah Knafo, ce « pognon de dingue » - plus de 150 milliards d'euros depuis le début des années 2000 - a été investi dans les cités, quartiers et autres « territoires perdus de la République » en pure perte. La dizaine de plans banlieues qui se sont succédé n’ont pas permis de réduire les écarts sociaux ou économiques, ni de faire « revenir la République dans les quartiers », comme l’ambitionnait Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Ville. Le communautarisme et l’insécurité ont continué de flamber, tandis que l’essor économique tant attendu n’est jamais venu. « La politique de la ville est un échec, reconnut le Président Macron, en 2018. Depuis vingt ans, on a donné des milliards sans jamais régler les problèmes. »
Des quartiers très favorisés
Cette dilapidation de nos impôts est d’autant plus scandaleuse que certains continuent de présenter ces zones urbaines gavées d’argent public comme des quartiers défavorisés. « Les habitants de ces quartiers ne sont aucunement abandonnés, ils sont chouchoutés, choyés par l’État, a rectifié Sarah Knafo, sur X. Ils bénéficient d’avantages fiscaux, d’aides à l’embauche, de priorités diverses et variées, de contrats aidés, d’accès facilités aux prêts et aux financements publics, de subventions en tous genres, d’installations culturelles flambant neuves, qui finissent parfois détruites en quelques mois, et j’en passe. » En février 2025, l’INSEE, d'ailleurs, a officialisé ce statut de grand privilégié en révélant que plus de sept résidents des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sur dix bénéficient d’au moins une prestation versée par les caisses d’allocations familiales, contre environ quatre sur dix sur l’ensemble du territoire.
#QPV | Plus de sept résidents des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sur dix bénéficient d’au moins une prestation versée par les caisses d’allocations familiales, contre environ quatre sur dix sur l’ensemble du territoire.
https://t.co/YySSM4TSy6 pic.twitter.com/vrFswTGStm— Insee (@InseeFr) February 25, 2025
Cerise sur le gâteau, cette politique de la ville a enkysté des populations entières dans une mentalité d’ayants droit, sans aucun devoir mais à qui tout était dû. C’est le syndrome de l’enfant gâté. « Je ne propose pas d’abandonner ces quartiers, je viens moi-même de Seine-Saint-Denis. Je propose simplement de les traiter comme le reste de la France, a conclu Sarah Knafo. La République est censée être universelle : mêmes droits, mêmes devoirs, mêmes politiques pour tous. » On attend la réponse de Juliette Méadel.
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110 commentaires
Attendre une réponse de la Ministre ? Il vous va falloir être patient !
Comment pourrait elle répondre ? Elle n’aurait aucun argument, tout est factuel depuis des décennies
Evidemment, le contraste est saisissant entre la rigueur et la clarté de l’une, et l’approximation et le dogmatisme de l’autre. C’est hélas le drame de cette macronie qui s’appuie sur de faux-semblants, et pour qui, le plus souvent, l’idéologie tient lieu de compétence. Malheureusement, jusqu’au plus haut sommet de l’état!
Visiblement les divers ministres qui ont émargé sous l’ère Macron n’ont pas notion des budgets qui leur sont alloués , il faut que des organismes bien informés le leur rappelle , relayé par des personnalités incontestables telles Mmes Sarah Knafo et Agnès Verdier-Molinié . Il est bon de rappeler également que la décision d’ Emmanuel Macron de supprimer la « taxe d’habitation » a été une erreur monumentale (une de plus me direz vous ) , car le poids des taxes communales reposent essentiellement sur les propriétaires par la » taxe foncière » , et comme nous le savons tous (et même les jeunots qui officient sur les divers médias) les propriétaires sont en majorité des « boomers » donc une fois de plus ces « gentils moutons tondus » sont mis à contribution , n’en déplaise à la Bayrousie mais aussi aux détracteurs infantilisés par ses discours. Quant à l’argent public dilapidé pour les banlieues on a vu où cela a mené pour certaines d’entre elles des zones de non-droit et des relais pour le narco-trafic . Votre tableau Mme Knafo est édifiant et malheureusement incompris par toute cette oligarchie dirigiste de la macronie.
Est ce que le » français moyen » connait Juliette Meadel et qu’elle est ministre de la ville ? Encore une prébende accordée aux copains.En supprimant tous ces ministères budgétivores, qui ne servent à rien sinon à dépenser « un pognon de dingue » l’Etat commencerait à faire des économies et surtout à montrer l’exemple
Pourquoi Bayrou ne nous donnerait il pas son idée sur ces propositions de fort belle qualité . Constructives au moins , intelligentes en plus .
Des économies comme celles-ci me conviennent davantage que celles-là projetées par notre premier ministre . MARRE DE ME FAIRE FAIRE LES POCHES !!!
J’ai vu Juliette Méadel à la télé, j’ai été consterné pour reprendre ses termes en voyant une pure techno loin du monde réel, un exemple type de ces bons élèves qui ont fait sciences Po et l’ENA mais qui seraient bien incapables de gérer une entreprise et loin des réalités du monde, leur discours n’est insupportable.
Sarah Knafo ! En voici une qui décidément mérite notre attention !
Le problème de ses détracteurs est qu’ils n’ont pas compris qu’elle est blindée sur ses chiffres et que ses dossiers sont très solides… même la Chine s’y est cassée les dents.
Cette femme est remarquable, c’est bien pour cela qu’elle ne pourra pas remplacer notre trés cher chamalo…
Vive Sarah Knafo !
Sarah c’est du costaud, de l’indiscutable. Cela tranche dans le vif avec un zeste d’humour. Un vrai plaisir et l’espoir que cela va continuer longtemps à des postes significatifs.
« Zeste d’humour » peut se concentrer en Zemour et fait l’économie de quelques lettres .
Et toc ! A nommer ministre des indigents incultes, irresponsables et illuminés, on en arrive à ne plus rien faire malgré des milliards dépensés en pure perte, sauf sans doute, pour certains.
Le terme « politique de la ville » est en lui-même un attrape-nigaud. Il ne s’agit pas d’urbanisme (ça, ça ne coûte rien : il s’agit de mieux réaliser les agencements et évolutions des villes, ce n’est qu’une question de compétence absente).
S’il s’agit d’avoir des lieux, des « quartiers » où il fait bon vivre, loin des comportements asociaux et délinquants, l’urbanisme n’y peut quasiment rien. Ce sont évidemment les politiques de la Culture, de l’Education Nationale, et surtout de la Justice (pénale) qui détiennent les clés. Bref, c’est une question de volonté politique.
Pourquoi le chaos, l’insécurité, la destruction culturelle, le racisme, sont-ils protégés par l’Etat ? Voilà la question primordiale, essentielle. J’ai déjà donné, souvent, mon avis ici, je ne vais pas me répéter…
Vos trois Ministères impliqués sont noyautés par l’extrême Gauche. Un hasard ?
Précision : La Loi de Finance P147 concerne les crédits SPECIFIQUES destinés à la politique de la ville, qui sont réservés aux quartiers prioritaires. Ces crédits sont des moyens « en plus » et sont dédiés aux actions au profit des habitants des quartiers prioritaires. Ils sont gérés par le niveau déconcentré de l’État, notamment les préfets de région et de département, et dans une moindre mesure par le niveau national. Les crédits nationaux financent des têtes de réseaux associatifs et des actions d’envergure nationale soutenues par le ministère chargé de la Ville.
budget.gouv.fr
Et n’oublions pas tous nos gouvernements de Droite , trop timides ou effrayés par la Gauche qui n’ont jamais eu le courage d’arracher le milieu social et ses milliards , des griffes roses-rouges-vertes .
C’est surtout qu’ils voulaient leur tranquillité, ne pas mettre les gens dans la rue et être réélus alors ils faisaient une politique de gauche, tout comme Giscard qui pensait que s’il en faisait plus que la gauche, il ferait disparaitre les communistes et les socialistes, il a fait beaucoup ce qui ne l’a pas empêché d’être viré.
Rends l’argent Bayrou, un bureau à 40000€….le mot clef c’est l’exemplarité!
Aldo
Vous savez , l’exemple vient d’en haut. Décidemment Bayrou est bien bas.
À l’inverse de l’illustre inconnue socialiste qui a le portefeuille de la ville – et qui ne semble pas comprendre grand chose au sujet, un comble ! – Sarah Knafo décortique les comptes publics pour mettre en avant la gabegie de la politique de la ville. Nos impôts sont dilapidés depuis des années dans des projets parfois pharaoniques qui ne servent à rien. Mais quid de nos campagnes ? L’Etat n’est-il pas censé respecter le principe d’égalité entre tous les citoyens ? Pourquoi dois-je faire plus de 20km pour trouver un médecin, près de 50km pour avoir accès à un hôpital ?
Bravo donc à Sarah Knafo qui jette le pavé dans la mare et ridiculise au passage les techno-gaucho qui ne sont là que pour faire figuration… et pour les avantages du maroquin.
50km pour un hôpital c’est une plaisanterie, suivant les pathologies ici c’est pour certains cancers 180km, pour les yeux 120km y compris les urgences et le plus proche à une trentaine de kms là où je suis généralement suivi si ce n’est pas un cas compliqué, mon médecin en retraite ne vient qu’une semaine par mois mais a gardé tous ses patients, alors les consultations sont des consultations éclairs tout comme celles du professeur à 180km de chez moi entre 3 et 7 mn, il voudrait faire plus mais il a tellement de patients à s’occuper qu’il doit faire vite. j’ai fait une prise de sang qui doit être transmise au professeur il y a plus d’un mois, je n’ai toujours pas le résultat.