RSF adoubée par Macron mais désavouée par l’Arcom dans sa croisade contre CNews

Ridiculisée par l’Arcom, Reporters sans frontières continue d’être prise au sérieux par certains élus et politiques.
Capture écran Reporters sans frontières
Capture écran Reporters sans frontières

Reporters sans frontières y croyait dur comme fer. Après des mois de gesticulations et de vaines vociférations, l’ONG pensait enfin tenir l’argument massue pour définitivement enterrer CNews, son ennemi juré. Il s’agissait d’une étude intitulée « Pluralisme en France : sur CNews, le grand contournement », affirmant que la chaîne honnie « s’éloigne de manière flagrante et systématique du cadre imposé » par l’Arcom. Elle a judicieusement été publiée le 26 novembre, soit la veille de la diffusion d’un Complément d’enquête qui en faisait également l’une des pièces maîtresses de son réquisitoire anti-CNews. Pendant un mois, le « bureau investigation de RSF » a passé au peigne fin des milliers de bandeaux affichés à l’antenne de la chaîne privée afin de vérifier si cette dernière respectait bien ses engagements déontologiques. « Nous avons découvert que CNews, loin de respecter le pluralisme à l’antenne comme elle s’en targue, triche », déclarait fièrement Reporters sans frontières. En clair, la chaîne est accusée de faire la part belle à « l’extrême droite » le jour, aux heures de grande écoute, puis de reléguer la gauche aux horaires tardifs, lorsque les Français dorment. Ces « rattrapages nocturnes » lui permettraient ainsi de maintenir artificiellement l’équilibre du temps de parole.

Quand l’Arcom remet l’église au centre du village

Cette théorie, également portée dans les sphères militantes de La France insoumise, a été immédiatement reprise par l’ensemble de la presse mainstream, du Monde à Télérama en passant par Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs et Le Huffington Post. Hélas pour eux, l’Arcom est venue doucher ce bel unanimisme, jeudi 27 novembre, quelques heures à peine avant la diffusion du Complément d’enquête tant attendu. Le gendarme de l'audiovisuel serait, en effet, « tombé des nues » en découvrant le fameux rapport de RSF dans lequel rien n’allait selon lui, aussi bien sur la forme que sur le fond. « Il n'y a pas de contournements de nos règles de pluralisme sur le mois de mars 2025, et s'il y en avait eu, on les aurait identifiés et on serait intervenus », a-t-il confirmé, au Point. Le phénomène de « rattrapages nocturnes » dénoncé n’existe pas. La gauche n’est pas du tout lésée sur l’antenne de CNews. C’est plutôt l’inverse qui serait vrai : selon les méthodes de calcul de l’Arcom, « La France insoumise et le Parti socialiste disposent sur CNews, au mois de mars 2025, d'un temps de parole qui est supérieur au poids qu'ils représentent dans le débat public ». Fermez le ban.

Après cette rectification, aucun média n’a présenté ses excuses pour avoir relayé une fausse information. Au contraire, le site d’extrême gauche Arrêt sur images a estimé que l’Arcom avait « basculé dans une réalité parallèle ». Se présentant comme un historien de la presse, Alexis Lévrier a lui aussi refusé de reconnaître les faits, préférant taxer l’Arcom de lâcheté et la présentant comme le « nouvel allié » de CNews. Ridiculisée, RSF a maintenu ses accusations, incapable d’admettre ses biais méthodologiques.

RSF, une ONG très orientée

Ce fiasco est d’autant plus consternant que Reporters sans frontières continue d’être prise au sérieux par un certain nombre de responsables politiques. Emmanuel Macron envisage même de lui confier un rôle de surveillance des médias et de lutte contre la « désinformation » ! C’est un comble. Lors d’un débat avec des lecteurs de La Voix du Nord, mercredi 19 novembre, le Président a ainsi déclaré vouloir créer un label de qualité pour les sites d’information. Une idée déjà mise en œuvre par RSF en 2022, sous le nom ronflant de « Journalism Trust Initiative ». Ce label a pour but de mettre en valeur « un journalisme digne de confiance » et d’identifier les « sources conformes ». Nul doute que ni CNews, ni le JDD, ni Boulevard Voltaire ne rempliront les prérequis idéologiques pour en bénéficier...

Car Reporters sans frontières est loin d’être une instance apolitique. Celle qui avait à l’origine pour seul but de lutter pour la liberté des journalistes à travers le monde s’illustre aujourd’hui par sa soif de censure. Sa haine de tout discours s’éloignant du politiquement correct s’explique aisément : le président de RSF n’est autre que Pierre Haski, chroniqueur à France Inter et proche du richissime George Soros, militant bien connu pour ses fondations d’extrême gauche à tendances immigrationnistes. Autant dire qu’il s’agit d’un homme pour le moins engagé politiquement.

Nos élus seraient donc bien inspirés d’y songer à deux fois avant de donner un quelconque pouvoir d’influence à Reporters sans frontières. Ce serait non seulement récompenser une ONG qui produit des rapports de médiocre qualité, mais surtout participer à une nouvelle entreprise de restriction de la liberté d’expression.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Une enquête journalistique honnête pourrait rapidement confirmer , la chute vertigineuse de l’influence de RSF au niveau mondial , en ce qui concerne les conflits de part le monde aujourd’hui . Elle ne survit que grâce aux millions d’euros sorosiens et la complicité du monde médiatique .

  2. Ah, maintenant l’ARCOM infiltrée par l’extrême droite !!! De la part de la gauche, on aura tout vu, tout entendu même les plus délirantes hypothèses. C’est le boxeur qui, saoulé de coups, dit que la cloche est avec son adversaire. En parlant de cloches, il y en a pas mal dans le paysage !

  3. INTERESSANTE , et…. édifiante ! la révélation de la proximité de RSF avec le mouvement de SOROS …!!!!
    Merci beaucoup.
    Bonne journée

  4. Reporters sans Frontières était censé défendre les journalistes du monde entier que des pouvoirs dictatoriaux empêchent de travailler pour masquer leurs turpitudes. En France, par les temps qui courent, ils devraient logiquement s’opposer à Macron et ses velléités de censure. Mais non, ils sont devenus une officine supplémentaire bobo macroniste (on dit de Gauche) ; dans quelle bouillie de chat idéologique, dans quelles fausses luttes s’enfoncent-ils, où sont leurs journalistes de Gauche opprimés ?

  5. Pour information une pétition en ligne existe pour demander la suppression de l’arcom.
    Sur le site de l’assemblée nationale.
    Sur le modèle de la loi Duplomb

  6. Bientôt en FRANCE le roman « 1984 » d’Orwell n’en sera plus un mais sera devenu réalité. Grâce à qui ?

  7. J’espère que si Macron s’entête à verrouiller l’information que le peuple va se lever en masse. Macron a peur du soulèvement des banlieues, il devrait craindre le soulèvement des français.

    • donc, macron sait ce qu’il fait…..il sait qu’il ne risque rien…..
      si on en est là, dans le chaos, c’est qui ? qui nous y a mis : les français poltrons….qui ne savent lire et écouter que combien d’euros untel va leur faire gagner….
      c’est àa le niveau politique des français

  8. La dictature en marche et ce n’est pas fini car l’homme au cours de sa fin est capable du pire. N’attendez rien de bon pour nous Français peuple détesté par le dictateur.

  9. Il faut arrêter de financer ces ONG et supprimer 80% des Agences Nationales qui sont les EPAD des copains du gouvernement qui ont perdu leur statut d’élu.

  10. personne ne s’est avisé de remarquer que, comme par hasard, l’arcom devient presque objective au moment où il y a une commission d’enquête sur l’audiovisuel public???

  11. Ce que veut faire Macron est anti-France et après que l’ont vienne pas nous dire que macron est du centre il est bien d’extrème gauche socialiste.

    • macron a eu sa carte au PS jusqu’à 2006.
      Beaucoup l’oublie jusqu’aux LR .
      Sans compter ceux qui étaient au gouvernement macron, comme attal et de nombreux ministres et députés renaissance

  12. 1) et si on arrêtait de subventionner ces…. »Théodules » trop orientés
    2) et si Tartuffe retournait faire ses rations militaires au fin fond du Vercors

Commentaires fermés.

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