Sur son bureau, Emmanuel Macron a posé le livre d’un poète chilien stalinien et violeur

Ignorance crasse ou idéologie ? Le président a choisi Pablo Neruda.
Capture d'écran YT Présidence de la République
Capture d'écran YT Présidence de la République

La scénographie du bureau d’Emmanuel Macron, mardi, lors de son allocution, a été longuement commentée. Il y a le langage du corps. Il y a celui des objets.

Nous avons tous un bureau avec beaucoup de bazar, mais on ne peut pas imaginer qu’un président de la République qui s’adresse solennellement aux Français n’ait pas fait un tri soigneux avant de s’exprimer. Rien n'est là au hasard. S’il a posé ces objets, à portée de regard, c’est qu’il essaie, à travers eux, de nous dire, quelque chose. La lampe à sa droite, en premier lieu, a fait beaucoup gloser. Lampe tempête pour les uns, lampe de mineur pour les autres. Dans les deux cas, la symbolique n’est pas très rassurante. C’est, au choix, pour le bateau ivre ou le tunnel sombre. Le soldat de plomb napoléonien a également intrigué : pourvu qu’il ne soit pas en train de lancer une partie de Risk™ avec la France comme terrain de jeu ! Et s’il se prend pour l’Empereur, prions pour que ce soit Austerlitz plutôt que Waterloo. Rien n’est moins sûr. Mais c’est surtout le livre, bien en évidence, qui a laissé songeurs les observateurs. Avec un marque-page presque à la fin, s’il vous plaît, preuve qu’il n’est pas là que pour le chiqué.

Un poète

Imaginez. Vous êtes président de la République, vous allez parler de façon solennelle et grave aux Français d’une guerre qui les inquiète, d’un engagement militaire possible, avec l’envoi de Rafale et d’un porte-avions. La veille, vous avez disserté souveraineté nationale en matière nucléaire… Quel livre allez-vous mettre en avant ? Le Fil de l’épée, du général de Gaulle, pour vous donner une posture gaullienne jalouse d’une France souveraine et de son indépendance vis-à-vis des États-Unis ? Un classique de la stratégie militaire qui assoit son homme : Des principes de la guerre, par Foch ? Enfin, plus technique, moins connu, mais adapté au contexte : Introduction à la stratégie, du général André Beaufre. Il s’agit d’un stratège militaire connu du monde anglo-saxon. Beaufre a été un grand défenseur de l'indépendance nucléaire française…

Mais vous n’y êtes pas. Emmanuel Macron a choisi un poète. Pourquoi pas ? Pas sûr que Donald Trump, à l’instant où nous écrivons ces lignes, soit en train de lire Lord Byron, mais après tout, chacun se détend comme il veut. Pompidou aimait aussi beaucoup les vers, il a même commis une Anthologie de la poésie française. Sauf que tout est dans le dernier mot : « française ». Ce ne sont pas les poètes maison qui manquent : Villon, Baudelaire, Hugo, Verlaine ou, mieux, Joachim du Bellay, bien connu pour son « France, mère des arts, des armes et des lois » qui irait fort bien, en la circonstance.

Un stalinien et un violeur

Non, c’est Pablo Neruda qu’Emmanuel Macron a choisi.

L’enseignant en communication d’extrême gauche Arnaud Mercier, très anti-trumpiste, a été séduit, visiblement, par la mise en scène, qu’il qualifie, dans le média 20 Minutes, de « millimétrée », pleine de « détails subtils », avec notamment ce « clin d’œil littéraire » à Pablo Neruda, qu’il définit comme une « figure de contestation de la domination américaine » : bref, un « message politique jusque dans les moindres détails ».

Sauf qu’il oublie d’autres « détails subtils » (ou pas) : Pablo Neruda se trouve être un poète chilien communiste connu pour avoir violé une femme de chambre et pour avoir abandonné sa femme et sa fille hydrocéphale.

Il est peut-être littéraire, mais c’est surtout un curieux clin d’œil envoyé aux femmes, à la veille du 8 mars. Par ailleurs, s’il s’agit d’un message politique, il est donc communiste, et même stalinien, puisque Pablo Neruda a écrit une ode à Staline et reçu le « prix Staline de la paix » (sic).

Si cette intervention avait été un tout petit peu préparée par son entourage, il aurait suffi de lire un article de Libération en date de 2018 : les féministes chiliennes ont été vent debout, face au projet d’appeler l’aéroport de Santiago du Chili « Pablo Neruda ». Libération qualifie les comportements honteux du poète chilien « de comportements sexistes ou peu éthiques ». On admirera la litote.

Quant au culte à Staline voué par Pablo Neruda, il est de notoriété publique. Mais comme il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme, on continue tranquillement, notamment en France, d’honorer Pablo Neruda. Les lycées, écoles primaires ou maternelles portant son nom (Pontault-Combault, Nanterre, Vaulx-en-Velin, Dieppe…) sont légion. Donner en modèle aux enfants un thuriféraire du stalinisme qui a laissé tomber sa propre fille lourdement handicapée - elle est morte à 9 ans, des privations de la guerre -, quelle merveilleuse idée !

Communisme décomplexé

Gageons que certains, en lisant ces lignes, tombent de l’armoire : s’ils ont été au lycée dans les années 80 ou 90, il y a fort à parier qu’un prof coco leur ait dépeint Pablo Neruda sous les traits d’un saint laïque, à l’instar de Che Guevara. Cela en dit long sur la gauchisation des esprits en France.

C’est du reste l’hypothèse que pose le député RN Jean-Philippe Tanguy : « C’est simplement des références de bête à concours de sa génération, il ne l’a sans doute pas lu. »

Ignorance de premier de classe qui a trop fait de bachotage ou idéologie ? Qu’importe, le résultat est là : le président de la République, pour affirmer la souveraineté française face aux États-Unis, affiche un poète chilien communiste.

« La France est le seul pays où le communisme a réussi », aurait dit Gorbatchev. Certains disent que c’est apocryphe ; je ne sais pas. Il est un fait que le communisme y prospère encore. Pour notre plus grand malheur.

Picture of Gabrielle Cluzel
Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

107 commentaires

  1. Gorbatchev remonte dans mon estime mais que dirait-il du gouffre financier dans lequel les francais vont ineluctablement sombrer ? Tout bien considere cela rejoint le mit genial de Thomas Sowell : » La France est un pays merveilleux ou il existe deux gauches dont l’une s’appelle la droite ! « 

    • Le gouffre financier est la conséquence inéluctable de tout régime communiste, car le communisme est basé sur la négation de l’individu, remplacé par une responsabilité collective imaginaire. L’absence volontaire de toute resplonsabilité individuelle ne peut déboucher que sur la faillite économique, les nombreux exemples historiques en fond foi. Nous y sommes.

  2. Heureusement qu’il y a de bons observateurs, moi, j’ai vu la lampe de mineur, pas une lampe tempête, qui n’est pas du tout identique. Pourquoi une lampe de mineur ? Je ne sais pas quel symbole il faut y voir puisque le décor avait été soigneusement campé. La lampe de mineur avait cette particularité de prévenir de la présence de grisou dans l’air, je ne sais pas si c’est ce qu’il faudrait y voir ?

    • Un coup de grisou avec Macron, c’est presque sûr. Vous avez là une bonne intuition.

    • Une lampe de mineur pour celui qui n’a rien fait d’autre que de creuser la tombe de la FRANCE ! …
      Le fossoyeur veut aller SI PROFOND qu’il veut continuer à « voir quelque chose à fracasser » dans ses errances « mémorielles » ! … Comme il est du « genre » à avoir peur du noir, il lui faut un falot ! …

  3. Pablo Neruda, poète adoré, monté aux nues par la population des iles de l’archipel des Canaries. Il faut dire que les espagnols du Campo ont toujours été la cible de commissaires politiques des cocos assasins de curés et violeurs de nonnes.

  4. A mon sens beaucoup de bruit pour pas grand chose !
    Il n’a probablement pas lu ce livre ni l’œuvre du poète en question dont j’ignorais aussi les aspects sordides de la vie bien que j’ai connaissance de quelques poèmes.
    Une sentence de sa part me revient à l’esprit  » Ne parle que si tes mots sont plus forts que le silence  » il devrait inspirer certains…
    Bref pour en revenir à notre mickey national il a voulu poèter plus haut qu’il n’a le tuyau d’échappement et ils s’est encore vautré une fois de plus !
    Macron même pas bon à rien, mauvais en tout !

    • Une plaisanteerie pour compléter votre citation. Deux amis parlent devant leur tasse de café.
      « Macron a parlé pendant deux heures.
      – Ah bon ? Sur quel sujet ?
      – Je ne sais pas : il ne l’a pas dit. »

  5. Voyons Gabrielle, un peu de compréhension vis à vis de Neruda = Que de sacrifices un homme comme lui n’a t’il pas dû faire pour accomplir sa mission. Sur un plan plus terre à terre = Qui s’intéresse aux bouquins étalé par un type qui a nioé la culture française. Je préférerai savoir combien nous coûte « l’enseignant en communication d’extrême-gauche, Arnaud Mercier ».
    t

  6. Moi qui croyait que Pablo Neruda était un entrepreneur de BTP spécialisé dans la construction de collèges de banlieues de gôôôche.

  7. Peut-on comptabiliser le temps de cette allocution au crédit du parti d’extrême gauche puisqu’il en ressort que son exposition pour le livre de Pablo Neruda en est un support partisan.

  8. Une fois encore excellent et courageux, chère madame Cluzel ! Mais que dire de la complicité implicite de la majorité de notre représentation politique dans cette déchéance de la France ! Le nettoyage des « Ecuries d’Augias » cesse d’être une clause de style pour s’imposer en priorité nationale.

    • Il n’en loupe pas une en effet. Et même il les accumule. Voilà le résultat de l’ENA qui conduit à l’ENArchie. Avec ce personnage aux rennes, tout est possible et surtout le pire.

  9. C’était impossible et pourtant Macron l’a fait . Il a réussi à faire pire que son prédécesseur et ancien patron.
    Chapeau l’artiste…

  10. Dur dur à un un « petit monsieur » de jouer à un « Grand homme  » même si il faisait du théâtre quand il était jeune !!! PITOYABLE

    • AVEC qui il « faisait du théâtre » ? ! …
      A « l’image de la maîtresse », il n’a aucune légitimité à se prendre pour « un premier de cordée » ! …

  11. Macron comme à son habitude se met en scène pour combler les détails funestes de ses mandats et le creux de ses dires.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois