[TRIBUNE] La France vassale

Derrière le budget 2026, un déficit hors de contrôle et la menace d’une mise sous tutelle financière.
© European Union-Wikimedia Commons
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Le Parlement va se réunir en janvier pour voter le budget de l’État, après avoir adopté celui de la Sécurité sociale en décembre. Selon certains chroniqueurs, son adoption constituerait une victoire pour le Premier ministre, lequel acquerrait alors le statut de présidentiable… On peut vraiment se demander sur quelle planète vit la classe politique.

Un budget calamiteux

Remplaçons les milliards qui flottent au plafond par des pourcentages du produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire du revenu national annuel à nous partager.

Le déficit des administrations publiques à l’issue de l’année 2025 sera probablement égal à 5,4 % du PIB. Pour 2026, en combinant la loi de finances sociales déjà votée et le projet de loi de finances de l’État tel qu’amendé par le Sénat, on aboutirait à un déficit global de 5,3 % – mais il y a un hic : il n’a pas été adopté en commission paritaire !

Or, Sébastien Lecornu se fixe désormais l’objectif d’un déficit ramené à 5 % du PIB. Il lui faut donc réduire l’impasse budgétaire de 10 milliards d’euros en 2026, tout en évitant le rejet ou la censure de la gauche.

Ce serrage de ceinture à 10 milliards d’euros peut s’effectuer de deux façons : soit en diminuant les dépenses, soit en augmentant les impôts. Ou pire, encore : en acceptant 5 milliards de dépenses supplémentaires afin de satisfaire la gauche et, « en même temps », 15 milliards de recettes fiscales nouvelles payées par Nicolas. Ainsi va le consensus mou du « toujours plus » (de tiers-mondisme, de fraude sociale, de wokisme culturel, de théories genrées, de politique de la ville et d’immigration de peuplement).

L’esclavage pour dettes

Dans la Grèce antique, le citoyen incapable de payer sa dette à son créancier lui était asservi, jusqu’à ce qu’il puisse rembourser sa dette initiale… c’est-à-dire le plus souvent à vie. Tel sera le sort de la République française si la masse de sa dette publique continue à faire boule de neige.

Or, nous sommes très loin de tendre vers la cure austéritaire qui freinerait, voire inverserait, cette spirale infernale. Pour une fois, toutes les estimations concordent : il nous faut ramener très rapidement le niveau des déficits publics de 5,4 % à moins de 2,8 % du revenu national. Même l’objectif européen des 3 % est devenu un peu trop timide, pour un pays surendetté et dont le coût des emprunts nouveaux remonte rapidement.

Il nous faudra donc effectuer, chaque année, un serrage de ceinture à concurrence de 100 milliards d’euros d’économies en dépenses ou de prélèvements nouveaux en recettes, ou de toute combinaison à due concurrence ; faute de quoi, nos capacités budgétaires seront étouffées par le poids de notre dette.

Il est désormais assez clair que nos compatriotes sont conscients de l’effort à accomplir et de la pusillanimité de la classe politique. Certaines thématiques ne sont donc plus d’actualité, telle une baisse très coûteuse du taux de la TVA. Ou encore la résorption du déficit par des privatisations : les ressources budgétaires proposées doivent être récurrentes et pérennes jusqu’en 2030. On n’achète pas sa poule au pot en bradant les couverts en argenterie ; et une privatisation ne peut viser qu’à assainir la gestion déléguée.

Le scénario de la glu

Dans l’immédiat, la France est en danger : si elle doit rémunérer ses nouveaux emprunts à des taux dignes des pays dits « du Club Med », c’est qu’elle court un risque. Il suffirait, en effet, d’une très légère crise telle que le mauvais placement d’un emprunt nouveau pour nous plonger dans une grave crise financière. C’est ce qu’on appelle « une glu » : le papier qui trouve peu d’acquéreurs reste « collé » aux mains de l’emprunteur, c’est-à-dire de l’État. Tel est le risque clairement décrit par le Cercle national des économistes.

En pareil cas, Bercy serait certes rapidement renfloué par la Banque centrale européenne, qui achèterait de la dette française : un tel scénario est d’ores et déjà anticipé. Mais nos partenaires de la zone euro nous placeraient alors sous la tutelle de la Commission de Bruxelles et exigeraient une cure d’austérité aussi violente que celles que cette dernière a imposées à la Grèce ou à l’Espagne.

Question subsidiaire : la classe politique française n’est-elle pas en train d’attendre qu’un tel deus ex machina nous oblige à nettoyer enfin nos écuries d’Augias ?

Et quel est alors le pouvoir d’un Macron face à madame von der Leyen ? Laquelle peut désormais, d’un seul claquement de doigts, nous plonger dans une grave crise financière ?

Nous allons très vite le savoir. Soit la France réussit à envoyer définitivement les accords du Mercosur aux oubliettes, et nous restons souverains. Soit, après les palinodies d’usage, la France doit avaler cette gigantesque couleuvre : Macron ne serait plus alors que le Président humilié d’une France vassale.

Picture of Pr Jean-Richard Sulzer
Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

Vos commentaires

75 commentaires

  1. « Laquelle (V.d. Leyen) peut désormais, d’un seul claquement de doigts, nous plonger dans une grave crise financière ? »
    Qui a mis Macron au pouvoir? Les français. Qui l’a réélu? Les mêmes. Nous n’avons pas besoin des autres pour nous f*utre dans la m*rde : nous y arrivons facilement tout seuls!

    « 100 milliards d’euros d’économies en dépenses ou de prélèvements nouveaux en recettes »
    ca va bien monsieur Sulzer? De nouveaux prélèvements? Ces derniers temps nos chers sénateurs trop payés ont décidé une taxe émeute et il faudrait encore des prélèvements?
    Avant de prélever, brave homme, commencer par faire payer les RESPONSABLES de cette situation depuis un demi siècle, ensuite et seulement ensuite, j’accepterai votre solution.

    • Pas tous les Français ‘panpan’ et fort heureusement car personnellement, si comme tous les autres je suis dans la m*dre à cause de ceux qui l’ont élu, au moins j’ai gardé mon honneur. Ceci dit, il faudra se le farcir jusqu’en 2027 et ça, c’est une réelle souffrance.

  2. Vous avez dit serait ? Quelle générosité de langage. Mais la France est déjà vassale et humiliée. Le coupable est bien connu. Seulement, il ne veut pas quitter les ors de la République qui bientôt ne seront plus que des cendres. Jusqu’au bout, il en exploitera les avantages.

  3. Non là c’est du délire, y a t ‘il encore dans ce pays des personnes parmi la classe politique, nos élus, qui vont enfin prendre leur responsabilité. Il faut renverser la table, le Frexit, dans le contexte actuel, il ne faut pas rêver, de la pure utopie. Quand comment et avec qui, le cauchemar sans fin, désespérant. Décidément on se fout de nous à tous les niveaux.

  4. EM a tout intérêt a laissé filer nos déficits pour mettre en difficultés ses successeurs LFI ou RN.
    Si d’ici là, on a pas un nouveau virus nous obligeant à l’arrêt du pays et/ou que l’Algérie nous réclame des dommages et intérêts du fait de reconnaissance des supposés méfaits de la colonisation reconnus par qui vous savez.

  5. Sortir de l’UE dictatoriale, cesser d’être le valet des allemands et envoyer paître l’algérie qui nous doit tout et là, nous redeviendrons un vrai pays, une vraie Nation respectée dans le monde entier ! Cela passe par 2027 ( dernier délai ) et un choc obligatoire contre cette fange gauchiste qui nous a ruiné !!!!!!

    • FRANCAIS réveiller vous, nous ne sommes plus maitre che nous….. , par les normes européennes que nous impose les allemands, qui viennent de mettre 100 milliards sur la table pour se réarmer ??? Nous sommes attaqués de toutes parts, de l’intérieur avec cette immigration massive et de l’extérieur par les europeistes. RAS LE BOL FREXIT et vite.

  6. Quant va t’on enfin pouvoir sanxionner ces élus professionnels et les hauts fonctionnairess tous plus incompétants les uns que les autres. Le grand ménage s’impose avec la fin des vaches grasses pour cet état qui balance notre argent dans des organisations et des organismes tous plus inutiles les uns que les autres.

  7. Monsieur, vous donnez un exemple très à propos au sujet de « LA Dette » en écrivant:
    « Dans la Grèce antique, le citoyen incapable de payer sa dette à son créancier lui était asservi, jusqu’à ce qu’il puisse rembourser sa dette initiale… c’est-à-dire le plus souvent à vie. »
    Mais c’est exacteement ce qui se passe « en front renversé » au sujet des « EX » qui ont dirigés la France ! …
    Ils ( les « présidents » et les EX « 1er sinistres » ) nous ont coûté un pognon de dingue durant leurs mandats et en plus « ça » continue après ! …
    STOP à cette dictature fiscale et ce désastre économique et sociétal ! …
    « Ca » ne peut que MAL FINIR ! …

  8. Quelque soit le scénario, ce sera toujours à Nicolas de payer! J’aimerai pas être à sa place! Quoi, j’y suis!

  9. Avant 1973 la France pouvait emprunter à la Banque de France sans intérêt, merci l’Europe et le ministre de l’époque

    • C’est peu dire….. Le Mozard de la finance n’a jamais appris la musique., le théatre OUI la musique non
      Un grand merci à tous ceux qui ont voté pour lui pas une mais 2 FOIS. Et dire qu’il y a encore 10% de français qui le soutienne ??????? mais qui sont ils ? les aveugles ? les sourds ?

      • @MIK MAC : vous avez parfaitement raison ! Je n’ai jamais voté pour cet olibrius mais j’en veux à ceux qui l’ont réélu : Rachel Khan, Arno Klarsfeld, Sarah saldman et bien d’autres du même gabarit ! Qu’ils viennent donc pas non plus jouer les vierges effarouchées ! Mais les « veaux » , les manipulables, ont-ils compris la leçon ? Pas sûr !
        En 2027, ce sera notre dernière chance, et que cela plaise ou non, Trump et Vance ont tout à fait raison sur le déclin de la France et de l’Europe !

  10. Une seule solution lew 80 milliards d’économies de sahra knafo..plus une sortie de l’ue a 25 milliards d’euros…et nous sommes a un budget en excedent..sans nouveaux impôts…et qu’on vienne pas me parler du RNPS ou des » republicains ».. merci!

  11. En obligeant ou en incitant fortement nos 3 millions de chômeurs (tranche basse) à travailler, on récupérerait 25 milliards de cotisations.
    Elle est peut-être là la solution…
    Mais pour ça il faut un projet de redressement et une vision à long terme du pays. Ce qui implique un fort niveau de souveraineté et de volonté politique.
    Tout ce qui manque à notre classe politique.

    • Vas voir « ça » avec les patrons qui jettent ceux qui ont plus de 50 ans …
      Vas proposer à des gens comme Thierry MARX qui veut « légaliser » les migrants qui bossent dans les restaurants …
      Et en même temps, proposer d’arrêter de donner la même choses à ceux qui n’ont JAMAIS cotiser quoi que ce soit … Pareil pour ceux qui sont dans le « cadre » rapprochement familial ! ;;;
      DERNIER « point » : arrête de taper sur les chômeurs français qui sont eux aussi « fracassés » par cette mondialisation prônée par macron et l’UE ! …
      Vivement que la FRANCE se débarrasse des « 5ème colonnes » et autres gooochos qui tapent sur les français ! …

  12. Il serait hautement souhaitable que Macron démissionne, que l’on puisse remettre de l’ordre dans notre pays. Quoiqu’on en dise cela ne pourra pas se faire avec ceux qui ont amené et creusé sans s’arrêter ce déficit géant: Gauche, Centre et Macronie, LR.

    • BRAVO …
      MAIS pas de « démission » … Ce serait un peu facile ! …
      IL EST coupable donc DES TI TU TION § ;;;

      • Et dès que sa honteuse immunité sera tombée condamnation…a ce sujet ,je ne vois aucun responsable politique prônant l’abrogation des lois de mitterrand et sarkosy visant a immuniser les présidents..très significatif!

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