[UNE PROF EN FRANCE] La nouvelle offensive jacobine

L'État semble vouloir interdire que des solutions soient trouvées au désastre éducatif.
Jonas Magnus Lystad, CC0, via Wikimedia Commons
Jonas Magnus Lystad, CC0, via Wikimedia Commons

On nous dit que le propre de l’homme, c'est le rire. D’autres mettent en avant la raison, d'autres encore la conscience de soi et de sa finitude. Il apparaît, quand on observe l'évolution historique des diverses sociétés humaines, que notre faculté d’imagination y tienne une place prépondérante. Mon chien ne se rêve pas canard. Mon cheval n’a pas eu la vision de Pégase. Notre imagination est la mère de notre subjectivité et le prisme à travers lequel nous percevons le réel. Et quand on construit un système sur cette subjectivité, cela donne une idéologie.

Imposer toujours plus fermement la mainmise de l’État sur nos vies

Alors que certains pays se libéralisent ou tentent de le faire, nos élites cèdent à une tentation jacobine que l'on aurait pu croire d'un autre âge, et resserrent le contrôle, au moment même où tout semble sur le point d'imploser, pour imposer toujours plus fermement la mainmise de l’État sur nos vies. Tandis que les écoles privées, internationales, innovantes, sélectives fleurissent partout en Europe et en Asie dans une mosaïque d'une grande richesse et d’un remarquable dynamisme, la France s’arc-boute dans une posture agressive et relance la guerre scolaire de manière particulièrement offensive. C'est comme si un Comité de salut public fédérait les forces, au niveau des mairies, des préfectures, des ministères, de tous ceux qui veulent interdire que des solutions soient trouvées au désastre éducatif, et qui utilisent leurs dernières cartouches pour dégommer les résistants à l’Égalité utopique et au centralisme autoritaire.

L’État-Ogre repris de fringale

Alors que ceux qui auraient besoin qu’une main ferme les reprenne - les enfants, les adolescents, les trafiquants, les délinquants, les islamistes… - bénéficient d'une coupable complaisance, c'est sur les directeurs d'établissements et les enseignants que l'étau se resserre, toujours plus étouffant. On tire à vue : école Alsacienne, Gerson, Stanislas, le hors contrat, le supérieur à but lucratif, les écoles de production…, tout ce qui de près ou de loin fonctionnait encore, essayait de proposer quelque chose, tentait de surnager, tout cela est la cible du jacobinisme furieux par lequel l’État-Ogre repris de fringale entend absorber toute la société.

Combien d'énergie est dépensée pour simplement survivre à cette vampirisation intensive, énergie qui ne peut pas être consacrée au développement de nouveaux modèles et à la construction de nouvelles structures ! On a l’impression de voir à l’œuvre le fameux champignon qui prend le contrôle des fourmis pour les mettre à son service, l’ophiocordyceps unilateralis. Il change le comportement de la fourmi pour que celle-ci n’agisse plus en vue de son intérêt propre mais exclusivement dans celui du champignon. Quand il n’a plus besoin d’elle, il sort par sa tête, qu'il fait éclater.
Peut-être devrions-nous urgemment prendre des antifongiques…

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Virginie Fontcalel
Professeur de Lettres

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Egalitarisme en tirant vers le bas, pour que les étrangers ne parlant même pas le français puissent s’intégrer en faisant baisser tout les niveaux de l’école et ses universités plus tard

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