[UNE PROF EN FRANCE] L’intrusion de l’État jusque dans l’assiette de nos enfants

Les députés viennent de voter une loi imposant l’instauration d’un enseignement à l’alimentation à l’école.
Capture d'écran
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Nos dirigeants n’ont vraiment pas le sens des priorités. Si l’on fait un sondage auprès de la population pour déterminer quels seraient les problèmes essentiels de l’école française, je pense qu’on aurait ce type de réponses : l’insécurité et la violence, le manque d’autorité, la baisse générale du niveau, particulièrement préoccupante en lecture, en français et en mathématiques, la manipulation idéologique, la lourdeur des journées de cours, la gestion des téléphones et du numérique, la vétusté de nombreux locaux… Les sujets sont nombreux.

Mais nos députés ont trouvé autre chose de bien plus urgent et nécessaire : ils ont voté, le 16 février dernier, à l’unanimité (enfin, ce vote n’a pas mobilisé les foules : 68 voix pour, aucune contre… les autres députés devaient être à la buvette), une loi imposant l’instauration d’un enseignement à l’alimentation à l’école. Obligatoire en primaire et en collège et facultatif en lycée. Les professeurs se demandent légitimement quand ils vont bien pouvoir ajouter ce nouvel enseignement obligatoire, en plus de l’éco-citoyenneté, du parcours défense et de l’éducation sexuelle… Ils grignoteront encore un peu plus sur les horaires de français… Ce n’est pas si grave, puisque l’IA maîtrise maintenant assez bien les règles syntaxiques de la langue de Victor Hugo.

Comme les pauvres sont plus gros que les riches...

La raison invoquée est l’augmentation préoccupante de l’obésité dans la population française : 49 % des adultes seraient en surpoids, dont 20 % en obésité. Certes. Mais le rapport avec l’école ? C’est que dans l’esprit de nos dirigeants, l’école n’a plus qu’une seule et unique mission : réduire les inégalités. Or, les pauvres sont plus gros que les riches, si je peux me permettre de résumer de façon un peu cavalière le fond du propos qui sous-tend la loi. Et comme on ne peut pas donner aux pauvres l’argent nécessaire pour acheter des produits frais de qualité, ni mettre dans toutes leurs cuisines un chef qui leur apprendrait à cuisiner le quinoa en buvant du matcha latte, on fait semblant de croire que trois séances dans l’année d' « éducation à l’alimentation » seraient un moyen efficace de « lutter contre l’obésité et de soutenir l’agriculture française ». Mais quelle vaste blague ! Et puis, je ne savais pas que j’envoyais mon enfant à l’école en CP pour qu’il soutienne l’agriculture française. Je pensais l’y envoyer pour qu’il apprenne à lire et à compter, mais visiblement, l’État a d’autres objectifs.

Mais où va donc s'arrêter cette intrusion ?

Il semble qu’on aille maintenant au-delà de l’État-providence. C’est l’État totalitaire, celui qui utilise l’école pour nous dire quoi penser, comment se comporter, comment et quoi manger, comment et avec qui avoir des relations sexuelles… On se demande où cette intrusion va s’arrêter, intrusion qui s’exerce toujours sur les plus jeunes, les seuls qui ne peuvent pas y échapper, tandis que les adolescents deviennent hors contrôle et sont, en réalité, livrés à eux-mêmes, entre puff, porno et réseaux sociaux débridés. L’hypocrisie générale de tout cela est proprement révoltante.

Ils osent voter cette loi alors qu’ils sacrifient, dans le même temps, une part de notre agriculture aux poulets ukrainiens et à la viande sortant de fermes-usines sud-américaines. Mais un cours sur les légumes de saison changera la donne, for sure ! Et nous, petits pantins dociles, nous allons appliquer cela en continuant à râler, mais sans bouger, tenus à la gorge par des contrôles incessants, une propagande vivace et des impôts toujours plus vampirisants.

Nos enfants ne sauront toujours ni lire ni compter, mais ils sauront reconnaître une carotte d’un navet et seront convaincus que le sucre est mauvais pour la santé, ce qui les détournera très certainement de boire des sodas et de manger des gâteaux… Heureux sommes-nous !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 24/02/2026 à 5:47.
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Virginie Fontcalel
Professeur de Lettres

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Ils sont curieux ces députés qui votent une loi sur ce sujet. Mais est-ce que ces cours sur l’alimentation vont s’ajouter au programme en supprimant un jour férié ? Non on va plutôt enlever deci delà une heure de français, une de maths, matières qui font déjà la réputarion internationale de l’école française. Et qui fera les cours ? Des enseignants qui devront être formés à ça, entraînant un peu plus d’absence ? Ou des intervenants extérieurs ? Pourquoi pas les drag queens ? Ça ferait deux cours en un à condition que ça sache faire autre chose que commander sur Ubereats ! Non restons sérieux, laissons les enseignants enseigner français, maths, histoire, géo et sport. Une heure sur l’alimentation n’empéchera pas les parents d’acheter de la nourriture ultra transformée.

  2. Encore de quoi rajouter au crétinisme de la classe politique et à la pleuterie du peuple qui accepte tout bouche ouverte.

  3. Tous ces parlementaires sont responsables de la situation actuelle au même titre que Macron. Cela me rappelle un tract récent ou un ce ces minable critique le Maire en place parce qu’il a organisé la maison France dans sa ville lieux inutiles qui coûtent très cher à la ville mais en tant que parlementaire ce minable à bien voté la création et l’obligation de créer ces maisons France un peu partout à la charge des communes.
    Cela montre une fois de plus que tous ces politiques ne sont que de minables petits crétins irresponsables de leurs actes et de leurs conséquences.

  4. Vos articles sont toujours intéressant, pourquoi le gouvernement ne mettrait le forcing pour apprendre à lire et à écrire le français aux élèves

  5. Mes parents, moi dans la fin des années cinquante, en Bretagne et en Afrique, avons appris à l’école primaire à faire du pain, ne pas cueillir des digitales (poison), manger équilibré (pas que de la soupe au pain); en plus il y avait la morale ‘respecter les vieux, aider son prochain, etc…) Et nous savions écrire en français, nous connaissions la grammaire , nous étions imbattables en calcul mental. Les titulaires du certificat d’étude d’alors surpassent certains bacheliers d’aujourd’hui

    • tradiethno 100% tout juste. Beaucoup de bacheliers actuels sont lamentables dans tous les domaines en plus.
      l’éducation nationale française n’est plus le sanctuaire du savoir, mais une usine de production qui tend vers l’analphabetisme.

  6. Mais l’état continue sa mainmise sur nos enfants, ce, depuis qu’ils ont décidés de transformer l’instruction publique en éducation nationale. L’école a désormais comme mission d’éduquer les gamins, l’éducation nationale est devenu un camp de rééducation politiques pour des millions de gamins, les parents se voient enlever leurs droits de regard, se voient enlever leurs droits parentaux par des fonctionnaires qui n’ont pour seul but de créer des générations de moutons. La France agit exactement comme les dictatures, l’enfant-roi qui a désormais ses centres d’appel pour se plaindre de la moindre fessée, ou réprimande, bientôt, l’enfant-roi aura pour mission d’espionner et de dénoncer ses parents si leurs idées sont jugées subversives. Nos « élites » sont dans la droite ligne de l’urss.

    • Avant tout ces minables politiques de tous poils n’ont aucune responsabilité de leurs actes et de leurs conséquences. C’est le problème majeur. Responsabilisez les sur leurs bien personnels et vous verrez des changement immédiats de leurs comportements. Ces politiques et le monde public tous trop nombreux et irresponsables sont des charges explosives pour un pays.

  7. Je ne vous le souhaite vraiment pas du tout, chère Virginie, mais vous êtes d’une résistante à toute épreuve pour ne pas être en arrêt maladie ou pour le moins en disponibilité devant tant de vacuité et d’indécence. Ça doit être épuisant de tenter de travailler intelligemment dans un monde pareil.

  8. C’est le propre des régimes totalitaire de remplacer les parents par l’Etat. Les députés se rendent-ils comptent qu’ils instaurent des méthodes totalitaires ? Et ce n’est pas d’aujourd’hui.

  9. « Les député viennent de voter une loi imposant l’instauration d’un enseignement à l’alimentation à l’école » … PAR 68 députés ! ? …
    DONC les autres absents à LEUR POSTES ! …
    Licenciement pour « abandon de poste » ! …
    Ils avaient « Salon de l’agriculture » ? … « piscine » ? … « Buvette » ? …
    « ca » vote des lois sur « l’alimentation » ET sur « la vie sexuelle » MAIS est ce que « LES bases » sont encore enseignées ? ! …
    La FRANCE est vraiment mal « barrée » dans tous les sens du terme …

  10. A quand l’enseignement de la lecture, de l’écriture, du calcul et de l’histoire, celle de la France en particulier ?

  11. Ridicule. Tout devient ridicule.
    Pas besoin d’explication pour savoir qui a voté, vu l’intitulé nous savons d’où ça vient.
    Prochain vote : les ongles longs, naturels ou prothèses ?
    Ou
    Bien maîtriser l’équilibre lors d’un rodéo sur un deux-roues ?

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