Wikipédia : parce que la coupe est pleine, Elon Musk lance Grokipédia

Le monopole de la plus grande encyclopédie en ligne est de plus en plus contesté.
Prime Minister's Office (GODL-India), GODL-India , via Wikimedia Commons
Prime Minister's Office (GODL-India), GODL-India , via Wikimedia Commons

« Grokipedia is coming ! : Rejoignez @xAI et aidez à construire Grokipedia, un référentiel de connaissances open source bien meilleur que Wikipédia ! », a posté Elon Musk, sur son réseau X. Une bonne nouvelle qui s'ajoute à une autre, celle de l'enquête diligentée par le Congrès américain pour faire toute la lumière sur les manipulations orchestrées par le géant Wikipédia. L'enjeu est de taille : avec le développement de l'intelligence artificielle qui se nourrit de toutes les données du Net, c'est tout le « savoir universel » qui est contaminé. De quoi réjouir les innombrables victimes des contributeurs wikipédiens dont le wokisme n'est plus à démontrer, qui font et défont les réputations et réécrivent l'Histoire au gré de leurs propres biais idéologiques. En France, un nombre croissant de personnalités aussi variées que l'écrivain universitaire Jean-Paul Gourévitch, les journalistes Pascal Praud, Catherine Nay, Eugénie Bastié, Philippe Val, le député PS Jerôme Guedj et tant d'autres, et des médias comme Le Point ou votre serviteur BV, montent au créneau pour dénoncer le monopole et l'impunité de Wikipédia. La coupe est pleine !

Pascal Praud, Sonia Mabrouk, Philippe Val, Le Point, BV...

L'un des cofondateurs de Wikipédia, Jimmy Wales, interrogé par le magazine Society, a beau tenter de faire croire à la neutralité encore intacte de son encyclopédie et pointer du doigt « la crise de confiance » que traverse le monde et « la radicalisation politique [qui] ne concerne qu’un tout petit groupe d’individus » pour expliquer les critiques, les cas pratiques d'informations biaisées pullulent, au fil des pages sensibles. Edwy Plenel, le patron de Mediapart, y est présenté comme un simple « journaliste politique », tandis que Pascal Praud est un journaliste « d'extrême droite » participant, aux côtés d'Éric Zemmour, « à la banalisation des thèses d'extrême droite à la télévision française », alors que sa consœur, Sonia Mabrouk, « est située sur une ligne de droite conservatrice voire d'extrême droite ». BV, pourtant « média numérique à la ligne "droite conservatrice" », selon Le Monde (c'est dire !), demeure définitivement « site d'actualité français d'extrême droite » comme si de rien n'était. Plus chanceux et non moins curieusement, le média Arrêt sur images, connu pour sa proximité avec LFI, a droit au plus bienveillant des traitements, car catalogué « site Web français d’analyse et de critique des médias ».

Toute tentative de modification de ces lignes par des contributeurs non adoubés par la communauté wikipédienne est vouée à l'échec, les références à des sources puisées chez Valeurs actuelles - coupable encore d'extrême-droitisme - ou CNews identifiée comme « peu fiable » étant systématiquement écartées ou bannies.

Le journal Le Point, ulcéré par les pratiques wikipédiennes qui l'accusent, entre autres, d'« islamophobie », a lancé les hostilités en janvier dernier, enquête à l'appui. Des personnalités aussi variées que Philippe Val (ancien directeur de publication de France Inter et Charlie Hebdo), Catherine Nay, Aléxis Brézet (Le Figaro), Benjamin Morel, l'écrivain Kamel Daoud, Élisabeth Badinter, Bernard Accoyer, le député PS Jérôme Guedj et d'autres l'ont rejoint en cosignant un appel à la « Halte aux campagnes de désinformation et de dénigrement menées sur Wikipédia », qu'ils considèrent comme « une menace sérieuse pour l'intégrité de l'information, la qualité du débat public et de la démocratie ».

Même le patron de Libé a essayé

Plus grave, encore, que ces atteintes personnelles, des tentatives de réécriture de faits dramatiques ont été heureusement percées à jour. Le 22 août dernier, lors de l'atroce assassinat de la jeune Ukrainienne, Iryna Zarutska, dans le métro en Caroline du Nord, des contributeurs wikipédiens ont carrément tenté de supprimer la page consacrée. Et même le patron de Libé Dov Alfon aura usé - un temps - de ses petites combines sur Wikipédia pour gommer la mention d'une collaboration encombrante mais bien réelle, celle d'un certain Jean-Philippe Desbordes condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour viols, actes de torture et de barbarie sur trois filles.

Tant de victimes et si peu de plaintes

Peu de victimes, hélas, portent leurs affaires devant les tribunaux. Jusque-là, Wikipédia bénéficiait d'une quasi-totale immunité. Jean Paul Gourévitch, dont la plainte vient d'être rejetée par la 17e chambre correctionnelle, en a fait les frais. Sa fiche Wikipédia demeurera idéologiquement biaisée. Pas de quoi décourager le magazine Le Point qui maintient la procédure qu'il a engagée contre Wikipédia. Le récent règlement européen sur les services numériques (DSA), applicable depuis 2024 pour encadrer les activités des plates-formes, pourrait jouer en sa faveur en contraignant Wikipédia à désigner des responsables clairement identifiés, ce qui n'était clairement pas le cas jusque-là. BV attend sagement son tour...

Mais c'est surtout via les États-Unis que la donne pourrait réellement changer. Encouragé par un certain Larry Sanger, cofondateur de Wikipédia qui a quitté l'organisation dès 2002 pour désaccord idéologique, le Sénat américain semble prendre le taureau par les cornes pour limiter le pouvoir de nuisance du site. Tandis qu'Elon Musk, patron du DOGE (département de l'efficacité gouvernementale), qui a juré la perte de l'encyclopédie bâtit son propre contrepoison, Grokipedia. En Angleterre, aussi, Wikipédia vient de perdre une manche. Comme le début de la fin d'un monopole.

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

41 commentaires

  1. J’avoue que je consulte souvent wikipedia ,tout en faisant abstraction des commentaires et des anathèmes habituels propres à la gauche . Pour public averti , uniquement . Il faudrait mettre un carré rouge comme on mettait un carré blanc pour les films et documentaires interdits aux moins de 18 ans . Parce que des jeunes, avec un sens critique déficient, vue la propagande diffusée en permanence par l’éducation nationale , pourraient se dire que cette encyclopédie numérique , orientée à gauche toute , serait la seule parole vraie . La pravda, quoi !

  2. Wipédia fort à gauche, qui n’hésite pas à coller des étiquettes d’E D sur des Patriotes ou autres qui ne leur plait pas

  3. Il est possible de lire Wikipédia sur des sujets strictement scientifiques et techniques. Pour tout sujet politique, social, idéologique…. vous faites comme il vous semble. Il y a effectivement place pour une autre « encyclopédie dont les fondements idéologiques seront autres

  4. Il fût un temps où je consultais cette source d’informations qu’est « Wikipédia », mais je me suis aperçu rapidement que bon nombres d’informations étaient biaisées ou orientées.
    Pour s’informer, il y a les réseaux sociaux, les chaines d’informations télévisées ou radiophoniques, et, surtout les encyclopédies papier, j’y ai recours de plus en plus souvent.
    Tant mieux si Elon Musk proposera une encyclopédie numérique concurrente de ce ramassis de mensonges.

  5. Wikipedia! Cette peste noir a été évacuée depuis longtemps du disque dur de mes ordis. Si Elon arrive à mettre sur pied un projet qui tient la route alors pourquoi pas lui ouvrir les portes de la place restée libre.

  6. Elon Musk, a juré la perte de l’encyclopédie… Alors, wkp a vraiment du souci à se faire ! Vivement une nouvelle base ( GrokiP!)

  7. Lisez les pages Wikipédia concernant Mélenchon ou les autres membres de lfi par exemple et vous constaterez les caricatures et les partis pris valorisants.
    cela ne peut tromper que les esprits faibles mais il y en a beaucoup et ils votent aussi.

  8. On ne va plus sue Wikipedia site qui falsifie la réalité et la vérité je l ai constaté à de nombreuses reprises
    Ce site est le champion de la falsification

  9. J’imagine la biographie de G. Meloni sur Wikipedia ou V. Orban…Charlie Kirk ! Ca doit être beau.
    Ce wikipedia est bon pour des informations crues, genre population de Fouillis- les- Oies, date de naissance de Moussah Razèh, longueur du fleuve Sakoul, etc. mais pour l’humain, le social, tout ce qui est un peu non- sens-po, il vaut mieux éviter.

    • Exactement, j’utilise wikipédia uniquement pour retrouver le titre d’un film, j’entre le nom de l’acteur et je cherche dans sa filmographie et c’est tout, pour le reste c’est boycott.

  10. Oui gauchopedia doit être concurrencé. Il est tres facile d etre un mouton et très dur d être resistant. Merci monsieur Musk

  11. Des millions de personnes font confiance a Wikipédia . Savent-ils que wOkipédia est une encyclopédie collaborative ? Le principe , celui qui paye le plus détient la vérité . Il suffit de voir leurs demandes de dons .

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