Allier : encore un coûteux exemple d’accueil de mineurs (et majeurs) non accompagnés

Cela relève de la "compétence obligatoire" du département, qui n'a pas d'autre choix que de financer le dispositif.
@Gémes Sándor/SzomSzed/Wikimedia commons
@Gémes Sándor/SzomSzed/Wikimedia commons

Dans l’Allier, le conseil départemental s’apprête à confier à un opérateur privé la gestion de 30 places d’hébergement pour des mineurs et jeunes majeurs non accompagnés (MNA et JMNA) âgés de 16 à 21 ans, dans le bassin de Montluçon. Un marché public relancé en janvier 2026, après une première procédure déclarée « sans suite pour motif d’intérêt général ».

Des millions d'euros

L’appel d’offres fait suite à une première démarche, en juin 2025, du département qui avait décidé la création de 120 places d’hébergement, divisées en quatre lots, pour répartir les MNA et JMNA sur le territoire de l’Allier. En tout, 9.600.000 euros devaient être alloués à la création d’hébergements pour 30 garçons de 13 à 16 ans en structure collective, 30 jeunes de 16 à 21 ans sur le bassin de Moulins, 30 autres sur le bassin de Vichy et 30 autres, encore, à Montluçon. Le marché intitulé « services d’action sociale avec hébergement » comprend l’hébergement en « diffus » - des logements répartis sur le territoire – mais aussi l’accompagnement éducatif, social et administratif assuré par le prestataire retenu.

Pour ce seul lot montluçonnais, la valeur estimée du marché atteint 2,13 millions d’euros hors taxes, pour une durée initiale courant jusqu’au 31 décembre 2026, avec deux reconductions possibles d’un an. À terme, le dispositif pourrait donc s’étendre sur près de trois ans.

L’obligation légale des départements vis-à-vis de l’ASE

Si le financement est issu du seul budget du département, ce dernier n’est pourtant pas tout à fait décisionnaire sur la question. En matière de protection de l’enfance, la loi confie aux départements une compétence obligatoire : dès lors qu’un jeune est reconnu mineur et privé de représentant légal, l’aide sociale à l’enfance doit assurer sa mise à l’abri, son hébergement et son accompagnement. Cette obligation s’impose aux collectivités, y compris lorsque les jeunes ont été évalués ou orientés depuis d’autres territoires, dans le cadre des mécanismes de répartition pilotés par l’État. Autrement dit, le département finance mais ne peut légalement se soustraire à la prise en charge.

Une obligation qui ne s’arrête pas aux mineurs

Non seulement le contribuable finance intégralement l’accueil de ces jeunes migrants, mais il découvre encore que cette obligation ne s’arrête pas aux mineurs : l’aide sociale à l’enfance maintient également dans son giron les jeunes jusqu’à 21 ans, au nom de la continuité de la prise en charge. Un mécanisme parfaitement légal, mais qui allonge considérablement la durée de l’accompagnement. Et c’est là que le système, déjà contestable, le devient encore davantage : un adolescent pris en charge à 16 ou 17 ans, et même avant, peut bénéficier, sans la moindre interruption, d’un hébergement, d’un suivi éducatif et de prestations sociales jusqu’à sa majorité avancée.

Reste la question de l’âge réel de ces personnes prétendument mineures. La loi part du principe que tout jeune se déclarant comme tel bénéficie de la présomption de minorité : tant que son âge n’est pas formellement contesté, il est pris en charge comme adolescent. Or, il n’est plus à prouver que nombre de ces jeunes se font passer pour mineurs alors qu’ils ont largement dépassé 18 ans. Les associations pro-migrants interviennent ici pour accompagner ces dossiers en complexifiant encore les procédures d’évaluation, tandis que la Justice, elle, se montre généralement prudente, voire laxiste, face à la difficulté de vérifier l’âge réel. Le résultat se trouve dans les comptes des collectivités obligées de financer pendant plusieurs années des prises en charge intégrales, pour des jeunes qui n’ont jamais été mineurs sur le sol français, avec un coût global qui échappe encore à tout chiffrage précis.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 9:56.

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Presque un million d’euros, sans compter ce qui suivra !
    Pendant que nos hôpitaux et nos services publics crèvent.

  2. J’aimerais bien entendre le sénateur Malhuret, (« grande gueule » souvent pour faire de bons mots) sur ce sujet, lui qui fut un maire emblématique d’une ville sous-préfecture de l’Allier.

  3. Ah qu’il est beau « l’état de droit » !… La crédulité alliée à la bêtise démontrent que notre société a perdu la notion du bon sens. Et vous pensez bien que devant tant de stupidité, les petits profiteurs s’en donnent à coeur joie… Mais ne feriez-vous pas de même à leur place ? La connerie ambiante est incommensurable !

  4. 9.600.000 euros pour héberger 30 garçons de 13 à 21ans sans parler que cette somme est au bas mot sans doute sera révisé a la hausse.
    Nous allons voter pour élire des maires dans les communes alors qu’ils n’ont même plus l’autorité sur ce qui se passe dans leur territoire.
    .

  5. il y a que la France pour aider les jeunes immigres sans papiers . Va dans les autre pays sans papier et tu repart aussitôt

  6. Aucun de ces jeunes ne doivent rester sur le sol de FRANCE et ils doivent être remis à leur Ambassade respectives pour les rapatrier avec une condition  » en cas de refus de prendre vos ressortissant , l’Ambassade sera fermée  » et toutes aides au pays supprimées !

  7. Il faudrait que l’Etat puisse être condamné pour rapt d’enfants puisqu’il refuse de rendre les MNA à leur famille « éplorée ». Oh! me direz vous ils n’ont pas de papiers et ne savent pas d’où ils viennent. Il faut vraiment être tordu pour tenter de nous faire croire cela.

  8. Dans le divorce France/Algérie, c’est l’Algérie qui a conservé le pétrole et le gaz et la France qui a obtenu la garde des enfants !

  9. Ils sont un peu vieux pour des mineurs!
    Ils doivent être raccompagnés dans leur pays d’ origine!

  10. Il y en a encore qui résistent. Je connais un petit village de l’Aveyron où le maire, lassé d’être obligé de faire ses courses à Rodez, a décider d’annuler sa décision d’un centre pour MNA. Les commerçants de son village faisant semblant de l’ignorer quand il voulait faire ses emplettes.

  11. Pas de problème. Les habitants de l’Allier sont riches et ont les moyens de financer tout celà, puisqu’ils approuvent sans broncher les décisions du Conseil départemental.

  12. Que c’est émouvant de voir ces pauvres petits enfants,abandonnés par leurs parents, venir trouver du réconfort chez nous !

  13. Repnse a Vert il y à quelques année j étais en vacances à Dakar…j ai eu un gros problème…..personn est venu à mon sécours, surtout pas l ambassade française…ce sont des senégalais qui m ont aidé…trop long ici pour vousraconter le problème…ce sont aussi les italien du consulat qui on essayé de m aider car j avais aussi un passeport italien la FRance m a claqué la porte au nez

  14. L’allier est un département, pas un territoire !!! J’en ai plus qu’assez d’entendre et de lire ce terme inapproprié et employé à tout bout de champ. Vous faites le jeu des politiques en vous exprimant ainsi, eux qui veulent faire disparaître toute notion de nation, de pays, ils veulent nous fondre dans la masse européenne. Quand vous remplissez un questionnaire on ne vous demande pas dans quel « territoire » vous êtes né, mais bien dans quel département. Qu’on se le dise !!!

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