[POINT DE VUE] Justice pénale : un délinquant sur cinq demande un traducteur !

Les nombreuses demandes de traducteur contredisent les dénégateurs du lien entre immigration et délinquance.
Capture écran CNews
Capture écran CNews

Nouveau coup dur, pour les dénégateurs du lien entre immigration et délinquance : 20 % des procédures pénales nécessiteraient un traducteur, soit au bas mot 120.000 procédures, sur les 600.000 annuellement poursuivies par la Justice. Un chiffre énorme qui appelle un budget conséquent de 86 millions d’euros, en forte croissance, selon la Cour des comptes.

Sur bien des plans, pourtant, la mesure peut sembler justifiée : une personne accusée dans une procédure pénale ne peut évidemment pas se défendre convenablement si elle ne comprend pas le français. Depuis 1808, des règles éparses dans le Code de procédure pénale garantissent ainsi ce droit à un traducteur.

Et depuis 2013, ce droit a été clarifié et surtout étendu. Transposant une directive européenne, Christiane Taubira a créé un droit absolu à un traducteur, à toutes les étapes de la procédure. De la garde à vue à l’audience en passant par les entretiens avec son avocat, une personne ne comprenant pas le français a le droit à un traducteur, offert par le contribuable.

Un droit qui engendre des dérives insolubles

Mais ce droit désormais très extensif pose des problèmes qu’il est urgent de régler. Le premier problème est très pragmatique. Ces nouvelles obligations pour les juges ont fait exploser les besoins en traducteurs, qui ont doublé entre 2013 et 2021. Il n’y a donc tout simplement pas assez de traducteurs, et ce, dans des langues parfois très exotiques. Et l’absence d’un traducteur peut constituer un vice de procédure qui fait tomber l’ensemble des actes concernés… Pour éviter cet écueil, les juges reportent les audiences, encombrant un peu plus des tribunaux déjà surchargés.

Un autre risque majeur de cette obligation bornée est l’abus. En effet, comment comprendre, par exemple, qu’un Afghan demande un traducteur alors qu’il est poursuivi pour outrage envers 4 policiers, mêlant notamment argot et vocabulaire élaboré ? C’est que le recours à un traducteur permet d’allonger la procédure, de compliquer le travail de la police et de la Justice. Et puisque ce droit est absolu et gratuit, pourquoi ne pas en faire usage ?

Enfin, un droit aussi large sans aucun garde-fou contre les abus pose naturellement une question budgétaire, surtout dans un contexte d’immigration massive qui diversifie les besoins judiciaires...

Budgétairement irresponsable

Au moment de la réforme Taubira en 2013, le coût de cette mesure était estimé à 27 millions d’euros. Onze ans plus tard, en 2024, la Cour des comptes estime donc son coût à près de 86 millions d’euros, soit trois fois la somme prévue initialement. Une coquette somme qui pourrait, par exemple, servir à construire un centre pénitentiaire de 400 places. Pire : le dépassement budgétaire s’accélère, avec une augmentation de 72 %, entre 2015 et 2024…

Si la traduction garantie à tous est une belle idée, c’est un vœu pieux complètement irréaliste : la France ne peut évidemment pas trouver, dans chacun de ses 177 tribunaux judiciaires, un traducteur pour chaque langue exotique du monde. Mais, plus largement, dans un pays ouvert aux quatre vents et aux difficultés budgétaires importantes, Nicolas, 30 ans, a-t-il aussi vocation à offrir les frais de traduction à tous les accusés non francophones ? On peut en douter.

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Pierre-Marie Sève
Directeur de l'Institut pour la Justice

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Si il n’y avait que ca !!! Depuis décembre 2008 « grâce » au Conseil Constitutionnel l’aide juridictionnelle est de droit pour tous les migrants y compris les illégaux…. Sans un Reset total du système nous n’en sortirons jamais.

  2. Ce qui pose question sur ceux qui le demandent. La belle affaire! En plus de devoir payer pour des gens qui pour la plupart n’ont pas à être sur notre sol, c’est une manière déguisée avec l’appui d’associations pour faire prolonger les recours et les délais de la justice pénale. On nous prend pour des brèmes.

  3. En Australie ont des traducteurs automatiques à la police des frontières. Les Australiens pourraient nous faire une démonstration, histoire d’économiser un peu d’argent sur les traducteurs….

  4. Pourquoi cette maladie du « gratuit.
    Les mis en cause ont droit à un traducteur présent, mais s’ils vivent en France ils ont bien des proches qui leur facilitent et traduisent… pourquoi ne pas exiger, que ces gens fournissent eux-même leurs traducteurs à leurs frais ?
    Il y aurait probablement beaucoup moins de besoins de financement !

  5. Encore un truc qui coute cher et en plus la plupart comprennent fort bien notre langue, et surtout quand il s’agit d’avoir des aides …..
    En tous cas cela démontre en effet une chose, les gauchistes ne vont pas aimer et pourtant c’est factuel !!!!

  6. IL existe des « traductions » dans toutes les langues sur n’importe quel petit ordinateur… Ça économiserait 100 Millions par an et accélèrerait les procédures. Personne pour y penser?..

  7. Et si ces non-francophones (ou prétendus tels) sont condamnés, pourront-ils faire appel au motif que le traducteur n’a pas correctement traduit leurs arguments ? Et ne faudrait-il pas un vérificateur, pour s’assurer que le traducteur, si fourni par certaines associations, ne rajoute pas des arguments en faveur de l’accusé ?

  8. Encore une pierre dans le jardin des Belloubet et des Dupond Moretti. Ce dernier expliquant à Roland Garros devant un parterre de patrons que la justice n’était pas laxiste, que la sécurité n’avait pas réellement diminuée et que le sentiment d’insécurité était engendré par CNEWS. C’est proprement FAUX et SCANDALEUX. C’est une insulte à toutes les victimes. C’est une insulte à la vérité. 80% des Français le démentent et même son successeur qui est pourtant un spécialiste du détournement de la vérité et de la dissimulation. Le brain washing ce matin, c’est dans le Parisien : « Un père et son fils agressés en pleine rue à l’arme blanche en Meurthe-et-Moselle, un mort et un blessé » Et si l’on prend le temps d’ouvrir Français de Souche, on prend vraiment peur. Parce que même CNEWS n’en dit pas autant, car c’est impossible.
    Mmes et MM de la macronie le jugement de l’histoire viendra. Mais celui des Français est déjà là. Il est accablant.

  9. Si la maîtrise de la langue Française était rendue obligatoire pour les migrants  » légaux  » ou l’expulsion des illégaux pour cela ( mais pas que ) nous aurions de belles économies… Par ailleurs, je suis surpris que l’IA ne soit pas utilisée, alors qu’il y a des traducteurs automatiques.

  10. « c’est Nicolas qui paye ».
    Bon je ne suis pas féministe particulièrement, mais je constate que Pimprenelle paye autant que Nicolas . Non?
    Dans ma famille et mes amis, en tous les cas, c’est ce que je constate.

    • Mon épouse – malgache – a voulu franciser ses prénoms. ( Imprononçables dans noter langue!). Elle demande « Louisa & Maria ». REFUSÉ… pas « français ». On lui propose Louise & Marie + une liste de 250 prénoms (+/-) . A voir ce que l’état civil « accepte » dans nos mairies pour les naissances sur sol, on est en droit de s’offusquer. Pays der saints Glés.

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